Aimer, c'est perdre le contrôle. [PV Napoléon]

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Désirs: Rester la seule dans le coeur de l'Empereur
Secrets: Elle semble très malade en ce moment... Qu'est-ce que ça peut bien être ?
MessageSujet: Aimer, c'est perdre le contrôle. [PV Napoléon]   Mar 18 Jan - 8:24

Napoléon & Eléonore ♥
« Mon cœur jusqu’à présent a-il-aimé ? Jurez que non, mes yeux, Car jamais avant cette nuit je n’avais vu la vraie beauté. »



    - Voyons, vous pouvez bien me le dire, non ?

    Vous savez bien que ça ne sert à rien.

    - Toute la Cour est au courant et moi, je devrais ignorer les détails croustillants ?

    Eléonore sourit avec malice. Son arrivée à la Cour était relativement récente mais la jeune femme faisait preuve d’un courage exemplaire. Et d’un art de la provocation consommé. Cela avait fait grand bruit lorsque la rumeur avait rapporté son nom comme une des conquêtes de l’Empereur. Mais plus encore lorsque la relation avait duré, chose rarissime dans l’entourage féminin de Napoléon. Cette demoiselle devait avoir de bien puissants attraits pour conserver l’attention de l’Empereur. Cela avait fait scandale. D’autant plus lorsque la dite jeune fille avait été introduite à la Cour par Napoléon lui-même. Les femmes l’avaient observé constamment de derrière leurs éventails. Les hommes lui lançaient des regards concupiscents. Eléonore naviguait en eaux troubles. Elle y mettait même un certain brio, pour une jeune fille de bonne famille élevée loin des Courtisans. Elle était intelligente, brillante même. Et d’une méfiance sans faille. Elle savait que derrière les sourires mielleux, on attendait qu’une seule faute de sa part, pour lui jeter l’opprobre. Le statut de favorite était certes un privilège mais également une malédiction. Eléonore se sentait parfois bien seule. Heureusement, elle avait une amie, une seule. Juliette Récamier. Une femme que l’Empereur n’appréciait pas. C’était pour cette raison qu’elle ne s’affichait pas trop ouvertement avec elle. Mais elle était devenue sa protectrice et une confidente. Elle marchait à son côté en souriant, les yeux pétillants.

    Eléonore sourit. La jeune femme portait une robe d’un rouge bordeaux dont le corsage était lacé de fils d’or. Cela mettait en valeur son teint de nacre et sa chevelure sombre. Son regard envoûtant faisait tourner la tête de plusieurs Courtisans sur son passage dans l’Aile est des Tuileries. La jeune femme sourit et lança, d’un ton coquin :

    Disons qu’il connaît son affaire.

    Le regard de la jeune femme en disait long. Mais elle n’aimait guère se vanter des nuits passées avec l’Empereur. Contrairement à nombres de ses maîtresses, Eléonore n’était pas intéressée par le pouvoir. Ce n’était pas pour cette raison qu’elle s’était donné à Napoléon. Elle l’aimait, sincèrement. Avec son amour mutin, taquin. Certes, elle espérait qu’il finirait par répudier sa femme et la prendre à ses côtés. Mais elle ne se faisait pas non plus d’illusions. Elle savait que bon nombre de ses maîtresses avaient fini répudiées et mariées à un quelconque Courtisan pour récompenses de mérites rendus. Eléonore, cependant, était bien décidée à ne pas connaître ce sort. Elle continua sa promenade en compagnie de Juliette, qui les emmena dans les jardins des Tuileries. Eléonore tourna la tête pour être sûre que personne n’était près d’elles. Elle se pencha vers son amie et murmura :

    Vous savez, ma chère, que mes périodes sont en retard ?

    Juliette écarquilla les yeux, et resta un instant bouche ouverte. Elle se maîtrisa rapidement et répondit, excitée :

    - Mais c’est une excellente nouvelle pour vous !! Imaginez que ce soit un fils ! Votre situation serait assurée !

    Ne vous réjouissez pas trop vite. Ce ne serait qu’un bâtard et rien d’autre.

    - La venue au monde d’un héritier de l’Aigle pourrait changer les ambitions de l’Empereur à l’encontre de l’Impératrice, vous savez.

    Je sais, oui…

    En réalité, Eléonore ne voulait pas se faire des idées trop rapidement. Elle devait bien manœuvrer pour éviter de perdre celui qui comptait le plus pour elle. Les deux jeunes femmes parcoururent les allées fleuries. Elles croisèrent quelques vieilles femmes qui les regardèrent d’un air sévère. Eléonore sourit à Juliette et, en passant, adressa un clin d’œil à une des deux mégères. Elles prirent un air outré. L’une d’elle lança :

    Ce n’est pas parce que l’Empereur vous a donné sa bénédiction pour résider ici que vous devez vous croire tout permis !

    Eléonore sourit, provocante.

    Il est clair que si vous vous étiez permis plus de choses dans votre jeunesse, elle ne se serait pas fanée aussi vite.

    Laissant les deux femmes sans voix, Eléonore et Juliette s’éloignèrent en riant. Elles continuèrent leur marche en parlant jusqu’à ce qu’un domestique s’approche d’elle. Il les salua bien bas et tendit à Eléonore un pli. La jeune femme jeta un coup d’œil curieux à son amie avant de déchirer délicatement l’enveloppe cachetée. L’écriture était celle de l’Empereur. Un franc sourire se dessina alors sur les lèvres de la jeune femme.

    - Qu’est-ce que c’est ?

    Ce soir. A 21h. L’Empereur me rendra visite dans mes appartements.

    Eléonore était rentrée de sa promenade. Elle avait occupée son temps à jouer quelques morceaux de piano. Mais elle était bien trop excitée pour être concentrée. Elle espérait chaque jour qu’il lui revienne. Parfois, il était trop occupé pour la rejoindre. Il y avait également cette nouvelle venue, Gabrielle, dont Eléonore se méfiait. Mais peu importait ce soir, puisqu’il serait avec elle. Il était 20h lorsqu’elle se plongea avec délice dans sa baignoire en cuivre remplie d’eau chaude. Elle ferma les yeux et se détendit. Puis, ses demoiselles de compagnie la séchèrent et la vêtirent d’une tunique légère, presque transparente. Elle fit venir une collation, au cas où l’Empereur souhaiterait dîner en sa compagnie. On peigna sa chevelure longue et soyeuse dans laquelle on plaça même quelques fleurs blanches qu’Eléonore aimait beaucoup. Elle se mit quelques gouttes de fleur d’oranger dans le creux du cou et sur son corps, diffusant une odeur délicate. Puis, elle tenta de se plonger dans une lecture qu’elle ne put suivre. Elle entendit enfin la porte de ses appartements s’ouvrir. Un sourire s’étira sur ses lèvres.

    Bonsoir, mon cher. Vous m’avez manqué.
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Désirs: Ma jeune maîtresse sous moi....
Secrets: Je pense malheureusement à répudier de ma femme...
MessageSujet: Re: Aimer, c'est perdre le contrôle. [PV Napoléon]   Mer 19 Jan - 9:21

Les amants seront toujours
les gens les plus heureux du monde.
Car jamais ils ne se marieront.

-Constant, quel est l’horaire de la soirée?

-L’Impératrice souhaite vous voir au théâtre. Monsieur le ministre des Affaires Étrangères attend le rapport de Sa Majesté. Le bulletin des armées reste à écrire…

-Assez! Ah! Comme tout cela m’insupporte aujourd’hui… Est-ce que l’Impératrice se porte comme à l’habitude?

-D’après sa suivante, exactement comme à l’habitude, Sire.

-Basta!

Cette conversation revenait tous les jours entre son valet et lui. À chaque jour, il s’informait de l’état de sa femme, non par gentillesse ou par tendresse, mais parce qu’il s’inquiétait. Il n’y avait pas beaucoup de choses qui faisait jouer les nerfs de l’Empereur. Ni les Autrichiens, ni les Russes n’y arrivaient. Mais c’était autre chose si l’on parlait de l’utérus de Joséphine. Après dix ans de mariage, leur union était toujours stérile. On tentait de l’assassiner tous les jours et personne ne pourrait lui succéder. Oui, il y avait bien ses neveux, les fils de Louis et d’Hortense, qui étaient comme les enfants du couple impérial. Mais l’Empereur savait que ce ne serait pas pareil. La légitimité de ces enfants au pouvoir serait toujours contestée. Il lui fallait un enfant! Mais ce n’était certainement pas le problème de Joséphine; elle avait bien eu Eugène et Hortense. Ce serait une honte pour l’Empire entier d’avoir un homme incapable d’enfanter à sa tête. Après lui, après sa mort, adieu tout ce qu’il avait bâti. Il ne pouvait accepter cela.

Se calant de nouveau dans son fauteuil, Napoléon posa ses mains sur ses tempes. Prenant une longue respiration, il tenta de chasser ces sombres pensées. Avec un regard résigné, il passa en revue les papiers qui traînaient sur son bureau. Il travaillait depuis cinq heures ce matin… La nuit avait été courte. Les nouvelles du front lui arrivant au compte-goutte, il devait pallier à ce manque d’informations. Il détestait être loin des champs de bataille. Rester à Paris était important également. Il le savait. S’il partait trop longtemps, il craignait une mauvaise surprise des royalistes à son retour. Et il fallait bien qu’il surveille sa cour. Entre les ragots et les complots, il ne pouvait jamais laisser ces courtisans très longtemps seuls.

Relevant son regard vers Constant, il soupira et prit une plume afin de signer quelques papiers commerciaux qui attendaient son approbation.

-Transmettez mes regrets à l’Impératrice; je n’irai pas au théâtre ce soir. Faites-la surveiller par la même escorte qu’à l’habitude.

Alors que Constant acceptait sa mission avec une révérence, Napoléon le retint et prit une feuille vierge qu’il griffonna rapidement.

-Attendez. Voilà. Faites porter ce mot à mademoiselle de la Plaigne.

Napoléon travailla et rencontra Fouché pendant l’absence de Constant. Mais dès que celui-ci revint, il remarqua l’air qui peignait sa figure. Loin d’être dupe, l’Empereur se doutait bien que quelque chose n’allait pas. Il renvoya Fouché assez cavalièrement et se dépêcha de prendre son valet en aparté.

-Constant? Que se passe-t-il?

-Oh! Rien, Sire.

-Je pourrais vous faire fusiller pour me mentir, Constant.

Napoléon avait dit cela avec un ton sévère, mais avec un sourire sardonique qu’il savait bien cacher. Cela n’était un secret pour personne à la Cour des Tuileries; Napoléon adorait torturer ses proches. Les menaces de mort, les insultes et les coups étaient monnaie courante dans l’entourage impérial. Pourtant, même si tous y étaient habitués, ils craignaient toujours que l’Empereur mette ses menaces à exécution. Après tout, il se fâchait si facilement et l’impulsivité était sa seconde nature. Constant ne résista pas plus que les autres.

-Mademoiselle de la Plaigne était avec madame Récamier.

-Encore elle! Cette putain va me rendre fou! Combien de fois j’ai répété à Éléonore de ne pas avoir de contact avec elle? Elle est vilaine! Je ne veux pas d’elle ici.

-Sire, vous savez très bien que l’Impératrice vous défend de l’exiler, si je puis me permettre.

-Eh bien que Joséphine tienne ses chiennes en laisse! Oh, la mégère m’a mis de mauvaise humeur maintenant! Oublions le travail pour l’instant et allons gronder Éléonore dès maintenant.

Un sourire carnassier passa sur les lèvres de l’Empereur lorsqu’il quitta son cabinet, suivi de Constant. Le valet savait qu’il ne fallait pas être inquiet. Napoléon prenait presque plaisir à être contredit lorsqu’il s’agissait de sa maîtresse en titre. Il avait d’ailleurs l’habitude de lui passer tous ses caprices. Constant n’était pas dupe, il savait bien que la douceur des cuisses d’Éléonore avait quelque chose à voir dans cette clémence aveugle qu’elle provoquait chez l’Empereur.

-Si je peux me permettre, Votre Majesté, ce sera la première fois que vous serez à l’heure chez mademoiselle.

-Cette gamine m’a fait fâcher, c’est bien la moindre des choses que j’aille lui apprendre une bonne leçon! Vous pouvez prendre congé, Constant.

Napoléon entra donc seul dans les appartements de sa maîtresse. À son arrivée, la jeune femme, qui l’attendait, se leva et l’accueillit de manière fort charmante dans une robe qui eût le pouvoir de plaire à l’Empereur. Ce dernier ne s’avança pas vers son amante. Il se contenta de la regarder avec ce regard d’aigle qui pouvait glacer quiconque d’effroi.

-Vous me déplaisez, mademoiselle. Vous prenez plaisir à me désobéir. Ce n’est fort pas de mon goût. J’ai bien envie de vous punir…

Napoléon sentait les frissons prendre sa peau devant les images qui lui passait en tête. Éléonore était là, devant lui, seulement couverte d’une robe qui se déchirerait facilement et qui laissait en voir beaucoup plus que l’imagination la plus débridée pouvait l’espérer.

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    Comment puis-je comprendre ce que je suis, alors que je suis la France?

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