Paris, capitale de l'Europe, capitale impériale

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MessageSujet: Paris, capitale de l'Europe, capitale impériale   Mar 27 Avr - 7:15

« Chère sœur,

J’espère que votre grossesse se passe bien et je suis si désolé que vous n’ayez pas pu m’accompagner à Paris, car il s’agit vraiment d’une ville formidable. Moderne, infiniment plus que la ville qui est voisine de notre que nous prenions pour une capitale. Magnifique, on y fait de nouveaux aménagements et beaucoup prévoient que dans quelques années, Paris sera la plus belle ville du monde et qu’elle le restera pendant des siècles. Je veux bien y croire. Mais ce qui est étonnant, c’est qu’il y a, dans cette ville, les plus riches comme les plus pauvres. L’Ouest de la ville voit vivre les fortunés, alors que l’Est abrite les ouvriers qui luttent pour leur survie. Et encore, ce n’est rien comparé au faubourg Saint-Marcel, qui est le quartier le plus pauvre de la capitale! Mais contrairement à ce qu’on croit dans nos provinces, la nouvelle noblesse côtoie admirablement l’ancienne, mais cela n’est pas sans anicroche. Les deux castes se jugent et sont en compétition pour tout. Cela est compréhensif lorsqu’on sait ce que les deux classes ont traversé. La noblesse de l’Ancien Régime ayant fui lors de la Révolution, elle végétait lamentablement en émigration, dépourvue de toute compétence intellectuelle ou technique. Elle n’attendait que de reprendre le chemin de la capitale, ce qui fut fait dès le lendemain de la prise de pouvoir de Bonaparte. La tourmente révolutionnaire a toutefois balayé les privilèges nobiliaires et fortement affaibli numériquement l’aristocratie de naissance, presque diminuée de moitié. Décimée, cette caste conserve cependant une arrogance; elle ne manque pas de juger la nouvelle. En outre, la noblesse impériale est gavée d’argent par Napoléon et l’aristocratie d’Ancien Régime s’empresse de conclure avec elle des alliances matrimoniales afin de reconstituer des fortunes ébréchées par la Révolution. Forte d’à peine plus de 3000 membres, cette noblesse impériale, en large majorité formée de militaires, doit ses titres à son courage et à son talent, elle n’a pas de leçon à recevoir des courtisans parasites de Versailles. Madame la duchesse d’Abrantès, que vous allez adorer, m’a raconté un des affrontements entre deux nobles. Elle m’a dit qu’au duc de Montmorency qui lui reprochait : « Vous êtes duc, mais vous n’avez pas d’ancêtres », le maréchal Soult répondit : « C’est vrai; c’est nous qui sommes les ancêtres. » Quel esprit brillant, vous en conviendrez! Mais il est vrai que si la noblesse d’Ancien Régime n’avait rien fait pour conquérir leurs titres, les nouveaux ducs et barons les ont gagnés à la pointe de leurs épées par leur courage, ce qui est beaucoup plus raisonnable. Napoléon doit son Empire à cette caste militaire et il sait la récompenser. D’énormes sommes de rentes tombent dans les poches des plus grands officiers. Les Parisiens subissent sans broncher le luxe tapageur de ses nouveaux riches, mais c’est surtout l’arrogance et la brutalité des militaires dans la vie quotidienne qui les choquent. L’Empereur est sensible à leur mécontentement et n’hésite pas à mettre aux arrêts des militaires, ayant dépassé les bornes.

Paris, chère sœur, est comme toute autre chose et possède un côté noir. Marcher dans les rues de Paris relève de l’exploit. Des tas d’ordures sont amoncelés devant les portes des immeubles. La pluie les disperse sur la chaussée et si le passant tente de les éviter en se tenant dans le milieu de la voie, il trempe ses pieds dans le ruisseau central de la rue tout en recevant sur la tête l’eau des toits que de longues gouttières déversent à un mètre au-delà du mur des maisons. Les piétons doivent donc raser les murs pour éviter d’être douchés par les gouttières ou passer par le milieu de la rue. Mais pour franchir le caniveau central, force est de payer un droit de passage aux petits Savoyards, qui, les jours de pluie, jettent des planches sur les ruisseaux qui s’y sont formés et appellent les passants au cri de : « passez, payez! » Car, il ne faut pas tomber! La boue de Paris est tenace et tache fortement les habits. Très peu de quartiers possèdent un trottoir.

Je vous ai acheté quelques colifichets chez des modistes du Palais-Royal et je vous ramènerai un exemplaire du Journal des Dames et des Modes.

Nous nous verrons à la fin du mois. Je vous embrasse
Jean, votre frère adoré. »


Dernière édition par Napoléon Bonaparte le Ven 21 Mai - 15:08, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Paris, capitale de l'Europe, capitale impériale   Mar 27 Avr - 7:22

« Sire,

Dans mon but toujours constant d’améliorer la capitale de l’Europe, je propose aujourd’hui à Sa Majesté la nouvelle liste des quartiers de Paris avec leurs équivalents. Ils seront bien utiles lorsque j’effectuerai, avec grande joie, les embellissements et aménagements décidés par Sa Majesté. Paris est maintenant divisé en 12 arrondissements regroupant chacun plusieurs quartiers, nommés en deuxième ligne.

1er : 8e, ouest du 1er et du 9e, frange ouest du 2e, frange nord-est du 16e
Roule, Champs Élysées, Place Vendôme, Tuileries.

2e : 9e moins sa frange ouest, ouest du 2e, centre-ouest du 1er
Chaussée d’Antin, Palais Royal, Feydeau, Faubourg Montmartre.

3e : nord-est du 1er, centre du 2e, ouest du 10e.
Faubourg Poissonnière, Montmartre, Saint-Eustache et Mail.

4e : est du 1er moins la pointe ouest de l’île de la Cité
Saint-Honoré, Louvre, Marchés, Banque

5e : est du 2e, centre et est du 10e.
Faubourg Saint-Denis, Porte Saint-Martin, Bonne Nouvelle et Montorgueil.

6e : franges est de 1er et de 2e, nord et ouest du 3e, nord-ouest du 4e, nord du 11e.
Porte Saint-Denis, Saint-Martin des Champs, Lombards, Temple.

7e : sud-ouest du 3e, ouest du 4e.
Sainte-Avoye, Mont de Piété, Marché Saint-Jean, Arcis.

8e : est du 3e, nord-est du 4e, centre et sud du 11e, moitié nord du 12e.
Marais, Popincourt, Faubourg Saint-Antoine, Quinze-Vingts.

9e : sud du 4e avec l’est de l’île de la Cité et l’île Saint-Louis.
Île Saint-Louis, Hôtel de Ville, Arsenal, Cité.

10e : 7e, ouest du 6e, frange nord du 15e.
Monnaie, Saint-Thomas d’Aquin, Invalides, Faubourg Saint-Germain.

11e : pointe ouest de l’île de la Cité, est et sud-est du 6e, nord-ouest du 5e, franges nord du 14e et du 15e.
Luxembourg, École de Médecine, Sorbonne, Palais de Justice.

12e : 5e, franges nord du 13e et 14e.
Saint-Jacques, Saint-Marcel, Observatoire, Jardin des Plantes.

Bien à vous, votre serviteur,
Nicolas Frochot, préfet de la Seine. »
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MessageSujet: Re: Paris, capitale de l'Europe, capitale impériale   Mer 28 Avr - 2:42

Les prostituées

« Au sommet l’on verrait ces femmes ambitieuses et altières, qui ne couchent en joue que les hommes en place et les financiers. Elles sont froids, elles calculent en politique ce que peuvent leur rendre les faiblesses des grands.
Immédiatement au-dessous d’elles se verraient les filles de l’opéra, les danseuses, les actrices, moitié tendres, moitié intéressées, et qui commencent à placer le sentiment où on ne l'avait pas encore vu.

Ensuite les bourgeoises demi-décentes, recevant l’ami de la maison, et le plus souvent le consentement du mari : espèce de dangereuse perfide, qui voile et pare l’adultère de couleurs trompeuses, et qui usurpe l’estime dont elle est indigne.

Au milieu de cet amphithéâtre figurerait la race innombrable des gouvernantes ou servantes-maîtresses, cohorte mélangée.

La base, en s’élargissant, offrirait les grisettes, les marchandes de mode, les petites couturières, les ouvrières en linge, les filles qui ont leur chambre, et qu’une nuance sépare des courtisanes. Elles ont moins d’art, aiment le plaisir, s’y livrent, ne ravissent point les heures précieuses destinées aux devoirs de leur état. On les nourrit, on les divertit, et elles sont contentes, paisibles.

L’œil en descendant, croise les filles publiques, qui garnissent impudemment les fenêtres, les portes, qui étalent leurs charmes lascifs dans les promenades publiques. On les loue, comme les carrosses, à tant de l’heure.
Le dernier gradin plongeant dans la fange montrerait les hideuses crétaures du Port au Blé, de la rue Purgée, de la rue Planche Mibray. »

-Alors, monsieur, qu'en dites-vous?

-Je me demandais... Combien sont-elles?

-Savary, ministre de la Police, fait état de 16 000 prostituées professionnelles, donc près de 5 à 8 % des femmes de la capitale font commerce de leurs charmes. Et cela sans compter les occasionnelles.

-Définitivement, Paris est la ville la plus galante du monde! Et où trouvons-nous, ces demoiselles?

-La plupart d’entre elles sont sous la coupe d’une matrone, dans une maison close. Mais tout dépendant de quel genre de femme vous voulez trouver. Mais l’endroit par excellence pour trouver une courtisane raffinée à la nuit tombée, c’est le Palais Royal. Celui-ci « renfermait, en outre, plusieurs maisons publiques, dont les nombreuses pensionnaires peuplaient, le soir, les galeries. Ces personnes étaient renommées dans le monde entier par l’élégance de leur mise, qui était parfaite et de bon goût. Elles étaient toutes en toilettes de bal, avec des fleurs dans les cheveux, chaussées et gantées à l’avenant. »

Sources: Deterville, Le palais Royal ou les filles de bonne fortune, p.64-67
Poumiès de La Siboutie, Souvenirs, p.85
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MessageSujet: Re: Paris, capitale de l'Europe, capitale impériale   Mer 28 Avr - 2:52

Les Parisiens

« Voulez-vous passer pour un homme d’importance; voulez-vous mener la vie de garçon tandis que vous êtes marié? Venez habiter Paris; personne ne prendra garde à votre façon de vivre ni à votre conduite. »

Dans son tempérament, le Parisien est plutôt léger, superficiel. « Le parisien est de taille souvent inférieure à celle qu’on désigne communément sous le nom de moyenne; sa peau blanche et douce au toucher, forme un contraste frappant avec celle de l’habitant des petites villes, et surtout des campagnes, qui reste plus que lui exposé aux intempéries atmosphériques et à l’action du soleil et de la lumière. Ses cheveux sont blonds ou châtains, et ses yeux bleus. Le système musculaire est, en général, peu développé, chez lui, de sorte que ses formes ont un aspect qui a quelque chose de féminin. Dans la classe ouvrière, ce système de locomotion est quelquefois développé, mais presque toujours d’une manière irrégulière ou incomplète; ce qui s’explique par l’exercice exclusif de certaines parties qu’exigent la plupart des métiers, et dont on rencontre un bien moins grand nombre d’exemples dans les campagnes ou les mouvement et, par suite nécessaire, les forces musculaires, sont plus également réparties. »

« Le parisien aime avec promptitude et ne s’attache presque jamais. »

« Le seul trait du caractère parisien que l’on soit autorisé à regarder comme ineffaçable, c’est cette curiosité un peu niaise pour laquelle on a inventé le nom de badauderie »

À Paris, les plus riches côtoient les plus pauvres. En effet, il y a plus de 87 000 indigents vivant à Paris et cela sur 600 000 habitants. Près du sixième de la population de la capitale est donc chômeuse, malade ou ils sont des orphelins, des vieillards, des mendiants et des vagabonds.

Sources:Docteur Lachaise, Topographie médicale de Paris, p. 236-237, 1822.
Jouhaud, Paris dans le dix-neuvième siècle, p.81
Jouy, L’Hermite de la Chaussé d’Antin, 1813, p. 13
Nougaret, Aventures Parisiennes, 1808, p.31
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MessageSujet: Re: Paris, capitale de l'Europe, capitale impériale   Mer 28 Avr - 3:52

Le Palais-Royal

«Cher cousin,

il me tarde que vous arriviez enfin à Paris. Dès que l’instant où vous allez avoir posé vos valises, je vous emmène au Palais-Royal. Car s’il y a un endroit que vous devez découvrir à Paris, c’est bien celui-là. Je suis bien votre pensée en ce moment. Je sais que vous allez m’écrire de m’appliquer à mes études, de faire la composition sur le nouveau Code Civil, de bien étudier. Mais il faudrait être fou pour faire des études à Paris. Si les étudiants viennent étudier à Paris, c’est pour la vie et non pour les leçons. Justement, hier, les copains et moi sommes aller au café de Foix, renommé pour les bonnes glaces et les sorbets, ne réussissant que de la bonne société. Effectivement, nous y avons rencontrés de jolies demoiselles, qui sortaient de leur cours de danse, puisque si vous ne savez pas danser en ces années, vous n’êtes pas mieux que mort. Fort peu rétives, les demoiselles ont accepté de nous accompagner au café du Caveau, dans les caves des galeries du Palais. Ce café comprend deux grandes salles, qui, dès le matin jusqu’à 19h, sont occupées par un restaurateur. Après sa sortie, un limonadier prend sa place; une musique aigre et discordante, accompagnée d’un tambour de basque et d’un homme qui joue le sauvage, qui se place dans une grotte fermée par des décorations en bois et entourée de 3 ou 4 timbales qu’il frappe d’une telle force qu’on l’entend souvent jusqu’à l’autre bout du jardin, faisant des grimaces, des sauts et des bonds pour amuser les clients. Les petits marchands et leurs familles viennent s’y retrouver. Mais puisque personne ne la connaissait dans cet endroit, la belle Catherine m’a laissé embrasser sa nuque. Nous nous sommes même donné rendez-vous pour demain au Beauvilliers du Palais-Royal, un restaurant de haute qualité, probablement le meilleur de Paris. Voilà qui m’a surpris. Elle pourrait bien y rencontrer quelqu’un. Habituellement, le Lambert, rue des Filles Saint-Thomas, un restaurant moyen, permet mieux les rendez-vous clandestins. Sinon,l les étudiants se rencontrent à la gargote Flicoteau, rue de la Parcheminerie. Ce n’est guère cher, ce qui nous est profitable, car tout coûte une fortune à Paris!

Si vous voulez dire quelque chose à votre femme de cette lettre, vous lui direz que vous lui ramènerai un Journal des Dames et des Modes, que vous pouvez prendre au Palais-Royal, tout comme le Moniteur universel, journal officiel de la France.

Je vous traînerai également dans les bals publiques des jardins de Tivoli, situés 66 au 106 Saint-Lazare. L’entrée coûte trois francs, mais pour assurer la respectabilité bourgeoises des lieux. On y fait des promenades, on y consomme des boissons glacées, on peut dîner, assister à des spectacles de pantomime, à des acrobaties de saltimbanques, écouter de la musique, admirer des feux d’artifices, s’adonner à la danse ou au jeu. Mais surtout courtiser des petites bourgeoises. Elles ne sont guère répressives, celles-là! Elles vous demanderont peut-être de les amener dans un jardin public, que ce soit les Tuileries, les Champs-Élysées ou le Jardin des Plantes. Si elles sont exigeantes, ce serait une soirée au théâtre. En ce cas, il faut l’amener à l’Opéra, rue de Richelieu, au Théâtre français sur la même rue ou à l’Opéra-Comique, rue Feydeau. Mais voilà qui n’est guère joyeux car les places y coûte très cher. Et tout coûte une fortune à Paris, surtout pour un étudiant comme moi. Et elles n’en valent pas tant la peine, ces bourgeoises! Elles sont passives et guère savantes! Pourtant, l’idée de déflorer la fille du banquier Berthault est très excitante, vous devez l’avouer. Et bien! Je l’ai fait!

Mais pour être certain de réussir votre coup avec ces petites, il faut les amener à un bal. Ce n’est pas ce qui manque; il y a huit à dix mille bals par année à Paris! Par contre, si vous voulez l’amener aux bals que donnent les trois Grâces, voilà qui est peine perdue. J’ai tout essayé, croyez-moi. Mais les invités sont triés sur le volet. Imaginez même la marquise de Sainte-Île n’a pas pu avoir un billet. Peut-être ne savez-vous pas qui sont les trois Grâces, ce sont les reines de Paris, les impératrices de la mondanité, les princesses Pauline et Caroline et la reine Hortense. Évidemment, la magnifique Pauline est Aglaé, la Splendeur, Thalie, l’abondance est personnifiée par Caroline, car c’est chez elle que les bals sont les plus resplendissant et Hortense est Euphrosyne, l’allégresse, car ces bals sont les plus joyeux, les plus divertissant. Si vous voulez mon avis, voilà qui est contradictoire lorsqu’on sait le malheur qu’est sa vie conjugale. Peut-être la princesse Stéphanie pourrait entrer dans le trio si elle n’était pas tant immature et libertine. Mais son joli visage compense tout autant!

Malheureusement, je dois vous laisser. J’ai cours. Embrassez votre femme pour moi et habituez-vous à l’idée de la tromper, car, croyez-moi, vous ne pourrez résister à la tentation des galantes du Palais-Royal. Je vous attend devant les Tuileries, vendredi prochain.

Christophe, votre adoré et débauché cousin. »




« C’est le centre de la mode, de la galanterie, de la politique, de la politique, de la bonne chère. De neuf à onze heures, des désœuvrés s’y promènent nonchalamment. Ensuite, des joueurs au linge sale, l’œil hagard, le teint livide, rêvent à pas lents, les mains derrière le dos, au moyen de se procurer de l’argent pour la journée. À la même heure, les femmes galantes, qui ont passé la nuit en ville, prennent, avant de rentrer chez elles, la carafe de groseille. Vers midi, paraissent sur la terrasse du caveau, des négociants, des gens d’affaires. Dans le milieu du ajrdin, des femmes honnêtes, des étrangères , viennent faire des acquisitions en chapeaux, en rubans… De trois à quatre heures et demie, vous rencontrerez beaucoup de jeunes gens, des commis, des militaires, qui ont donné rendez-vous à leurs belles, mises en bourgeoises, pour, de là, aller dîner aux Champs-Élysées, chez Doyen… C’est de cinq à huit heures, que tous ceux qui ont dîné au Palais-Royal prennent la demi-tasse et le petit verre. À cette heure, les nuances disparaissent, tout est confondu. Mais enfin, le soleil couché, les nymphes descendent de leurs demeures et se précipitent, au nombre de plusieurs centaines, divisés en trois classes : celles qui se promènent sous les galeries de bois et dans les petites allées, s’appellent les demis-castors; celles des galeries sont des castors et celles de la terrasse du caveau, des castors fins. Dans cet instant, l’affluence du monde est immense. Cette confusion générale dure jusqu’à onze heures, que ce peuple vide le jardin et se jette dans les maisons de jeux, chez les prostituées et dans tous les repaires, qui environnent et qui avoisinent l’enceinte de ce jardin. C’est le moment le plus actif pour la police. » Prudhomme, Voyage descriptif.
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