Delphine Loiselle {Terminé}

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MessageSujet: Delphine Loiselle {Terminé}   Dim 8 Aoû - 3:02

Delphine LOISELLE
Feat. Julie Ordon





©️Baby doll

  • Age

20 ans


  • Titre ou métier

Camériste mais il paraitrait que ...


  • État social

]Peuple mais j'ai entendu que ...


  • Origines

[Françaises mais enfin je n'en suis pas sûre ...

« Qu’une danse emporte ma vie »

JOURNAL INTIME DE JOSÉPHINE DE BEAUHARNAIS

Ce 2 décembre 1785


Je ne crois plus aux contes de fées depuis longtemps, aussi la bohémienne qui un jour m’a prédit que je serai plus qu’une reine, s’est bien gaussé de moi … Puisque aujourd’hui mon époux a décidé de se séparer de moi. Me voilà donc bien moins que vicomtesse. Au fond je le comprends, le pauvre homme, j’aime séduire, j’aime dépenser, il a été patient avec moi … sans doute est-ce mieux ainsi, nous n’étions pas faits pour nous entendre Alexandre et moi. Malgré la naissance d’Eugène et d’Hortense, nous ne nous aimions pas. Je me retire donc dès demain dans cette abbaye de Penthemont où j’espère bien ne pas périr d’ennui !


Ce 17 décembre 1785


Hélas … si tout pouvait se passer comme on le souhaite parfois ! Je suis ici depuis quinze jours et déjà ils me paraissent être quinze siècles. Je ne supporte pas cet endroit, on y étouffe, on y végète, on y vieillit à vue d’œil. Les faces ridées de ces religieuses, j’ai honte de le dire, me font terriblement peur. Est-ce donc ainsi que je terminerai mon existence ? Ma soif de liberté et mon goût du raffinement ne le permettront pas … j’en mourrai plutôt ! Fort heureusement, madame d’Orléans va donner une réception dans quelques semaines. Je ne vis plus que pour cette fête !


Ce 2 janvier 1786


Que de menuets ai-je dansé ! De combien de coupes de champagne ai-je pu m’enivrer tant ce mois passé entre les murailles glauques de cette abbaye, me pesait ! J’ai retrouvé mon monde, celui du luxe, celui de la coquetterie, je n’y ai pas croisé Alexandre, tant mieux ainsi ai-je pu minauder – en tout bien tout honneur bien sûr – avec quelques invités. J’ai enfin retrouvé mon sourire, il me semble même avoir retrouvé ma jeunesse ! Comme il est grisant de virevolter sur le marbre ou de converser derrière son éventail ! Je n’aurai jamais souhaité quitter le Palais Royal pourtant passés les trois heures du matin, j’ai bien dû me résigner. Cependant je n’ai pas l’esprit à dormir mais bien à rêver, et ce n’est pas ici que je le pourrai. Il me faut sortir à nouveau, je reviendrai ici à l’aube …


Ce 3 janvier 1786


Je ne me souviens de rien ou de si peu ! Que m’est-il donc arrivé ? Une vague chute à l’angle de la rue de Penthemont et puis le noir … Ai-je réellement trop abusé de l’alcool au point de m’évanouir ? Pourquoi me suis-je retrouvée ce matin couchée sur ce lit d’auberge, nue comme Eve ? Qu’ai-je donc fait ? Que m’a-t-on fait ? Il y avait cet homme dans la petite chambre, ou du moins cette silhouette masculine dont je ne revois que le dos et dont je n’entends que le pas. Un pas irrégulier, voilà pourquoi il m’a frappé ! J’ai voulu le retenir, le questionner mais aucun son n’a pu sortir de ma gorge. Quelques heures plus tard, encore sonnée, la tête dans un étau, je me suis levée difficilement. Ma robe de bal gisait à terre. J’ai donc trompé une nouvelle fois mon époux. Mais tout de même … je connais mes amants et par conséquent chacun de leur trait et aucun ne claudique. Je ne comprends pas.


Ce 5 février 1786[/color]


Les jours et les semaines ont passé. Les médecins sont formels, je suis enceinte. Je pleure en écrivant ceci, car je sais bien que l’enfant que je porte est le fruit d’un viol. Il ne peut en être autrement ! On a profité de mon ivresse, peut-être même m’a-t-on droguée ! Seigneur, venez-moi en aide ! Que mon époux n’apprenne jamais cette future naissance, il ne me croirait en aucun cas au vu de mes fautes passées ! Ca serait le déshonneur, la répudiation, l’enfermement à vie, l’interdiction de voir à nouveau Eugène et Hortense. Je n’y survivrai pas ! Nul ne doit être au courant à Paris ou en Province, nul et pas même ma famille de Martinique. Il me suffit de rester recluse encore 8 mois, cela sera difficile mais il le faut …


Ce 4 septembre 1786


Je ne pensais vraiment pas aimer mon enfant ! Ma grossesse a été une torture de chaque jour, la peur, la honte, l’isolement mais néanmoins lorsque ma petite fille a poussé ses premiers vagissements, je n’ai pu m’empêcher de ressentir en moi les assauts du bien trop puissant amour maternel. A la naissance de mes autres enfants, je n’avais point pu les tenir dans mes bras tant les matrones me les ont arraché aussitôt, mais avec ce petit être, ce fut bien différent. Ma fille est née ce matin, quelques minutes après onze heures, les religieuses m’ont assisté et je dois l’avouer, elles m’ont été d’un très grand soutien durant mes couches. J’ai tenu mon enfant dans mes bras, ai assisté à son premier bain en admirant ses petits pieds, ses petites mains puis l’ai bercé durant tout l’après midi. Elle se nourrit même à ma poitrine ! Jamais la vicomtesse de Beauharnais n’aurait pu faire tout ceci, ce n’est pas dans l’usage ! Je remercie le ciel de me le permettre aujourd’hui ! A présent, ce petit être innocent dort tout prêt de moi, je prends garde à ne pas écrire trop bruyamment de peur de la réveiller. Comment pourrais-je me séparer d’elle, tout de moi est pour elle et elle est tout pour moi !


Ce 19 décembre 1786[/color]


[color=#000000]Malheureusement, cette heure difficile est arrivée. Je dois la quitter, l’abandonner aux religieuses qui l’ont vu naître. Je sais qu’elles en prendront grand soin mais la séparation ne m’est pas moins difficile. Mon enfant est sans nom, et même sans prénom, baptisée à la hâte, on l’appelle mignonne ou petit ange. Il est vrai que préoccupée, je n’ai pas pris le temps de songer à un prénom, ça me semblait à l’époque bien secondaire, je réalise à présent que ce n’est pas si secondaire que ça ! Mais je veux tout de même prendre le temps d’y songer. Ma petite fille est unique, son prénom ne doit pas être choisi au hasard ! Je préfère ne pas décrire la peine que j’ai ressenti en voyant se refermer les lourdes portes de l’abbaye, la souffrance est un sentiment bien intime et d’ailleurs je ne trouve pas les mots pour l’exprimer !


Ce 8 avril 1792


Mon enfant a désormais 6 ans, je ne l’ai plus revue depuis des années. Mes allées et venues au sein d’un couvent en pleine Révolution n’auraient fait qu’attiser les soupçons sur ma famille. Soupçons ou curiosité malsaine, on connaît bien trop mon goût de la coquetterie, goût si peu en vogue dans une abbaye ! Or mon enfant est mon secret, et je protège mon secret autant que mon enfant. Rien ne doit les mettre en péril ! D’ailleurs, si j’ai eu un entretien hier avec Sœur Geneviève, c’est dans ce but bien précis. L’Assemblée a voté hier cette Loi visant à supprimer les congrégations et les confréries religieuses, Penthemont n’a plus de toit, les religieuses doivent quitter les lieux. Je pressentais depuis 1790, ce désordre qui pour une raison bien personnelle m’afflige. Que va devenir ma fille ? Où va-t-elle aller ? Mes pensées s’entremêlent, il y a bien le concierge de l’Assemblée et son épouse, ces braves Loiselle, tous deux bons patriotes mais également sans enfants. Ma fille ne ferait-elle pas leur bonheur et ne serait-elle pas à l’abri de cette folie sanglante qui secoue la capitale ? A l’heure où j’écris ces mots, j’ai prénommé ma fille Marianne, comme l’égérie de cette Révolution, pour la forme en somme. Je trouverai sans doute mieux plus tard. Je l’ai confiée aux soins de ce couple persuadé qu’il s’agissait d’une petite cousine à moi, orpheline, arrivant de Martinique. Ils l’ont trouvé adorable – comment pourrait-il en être autrement – et l’ont tout de suite adoptée. Je les bénirai toute ma vie !


Ce 5 avril 1794


L’enfer est à mes pieds, il ouvre chaque matin cette porte, sous la forme d’un commissaire venu réciter sans la moindre pitié ces même vingt noms. Ceux qui vont monter sur l’échafaud. J’attends toujours le mien, mais je tente de ruser, je me provoque des malaises et prétend même être enceinte pour échapper à mon sort. Enceinte de mon époux cela va sans dire. Rien n’est plus faux, mais Alexandre présent lui aussi aux Carmes, ne me contredit pas. Il ne veut pas ma mort, il désire qu’au moins un parent reste à Eugène et Hortense, car il se dit déjà condamné … En outre, peut-être a-t-il pitié de moi, malgré la liaison qu’il affiche sans vergogne avec cette Delphine de Custines ! J’ai trompé mon époux soit, mais jamais plus ouvertement, mes adultères restaient toujours discrets et empreints de délicatesse. Les voir ainsi, parfois me met hors de moi, mais je ne peux pas faire une scène, je ne peux pas me faire remarquer, sait-on jamais, cela peut me coûter ma tête.


Ce 26 avril 1794


Toute la prison est en ébullition, deux jeunes filles viennent d’être littéralement jetées à terre, robe de deuil, cheveux coupés, en pleurs. Je n’ose bouger ! Leur apparence me fait penser à deux corbeaux, venus tel un mauvais présage. J’en ai presque peur. Je vois que bien d’autres prisonniers, traumatisés, ou apeurés comme moi, reculent également. Nous voici devenus presque inhumains. J’ai honte de moi au fond mais la superstition me tenaille le ventre.


Les heures ont passé, Delphine est avec ces deux jeunes filles, elle les tient dans ses bras, tente de les calmer, tente de les consoler. Dans un coin de cette gigantesque cellule, j’écoute leur histoire. Claire et Barbe, 15 ans toutes deux faisaient parties de ces 35 Vierges de Verdun, accusées d’avoir comploté avec les Prussiens il y a deux ans, de leur avoir ouvert les portes de la ville. Les deux jeunes adolescentes se défendent entre deux soubresauts, prétendent qu’on les a envoyées pour apitoyer l’ennemi sur le sort de la ville. Elles pleurent sans relâche, Claire a perdu sa mère aujourd’hui même, mère qui lui offert une bague avant d’être guillotinée et demain elles devront toutes deux subir l’exposition infamante sur l’échafaud pendant six heures, avant de subir vingt ans de prison. Mon estomac se noue, comment peut-on être aussi cruel ? Ce ne sont que des enfants !


Ce 27 avril 1794


Une colère sourde me gagne, j’ai passé toute la matinée derrière cette fenêtre aux grilles de fer à assister, à cette infamie. Cet écriteau indigne que Claire et Barbe devaient porter tandis qu’à côté d’elles les têtes tombaient, elles étaient totalement recroquevillées dans ce carcan, objet si médiéval. J’ai été en proie à des vomissements durant des heures. Claire a les mêmes yeux cyans que Marianne, je n’ai pas pu m’empêcher à songer à elle tout du long, mais également à Hortense qui a pratiquement cet âge. Ces nausées ont donné au change pour confirmer ma grossesse, mais que m’importe, depuis hier, j’ai l’impression d’avoir mûri, si je dois mourir cela sera dignement. Je ne mentirai plus ! Delphine s’est soudain approchée de moi, m’a saisi les deux mains et m’a souri avec la plus grande gentillesse. Cette personne qui m’était insupportable, m’attendrit et a su toucher mon cœur. Le réconfort qu’elle a donné à ces petites, mais qu’elle donne également à bien d’autres prisonniers, est si fort. Elle prend tous les malheurs des autres sur ses épaules, à présent, je la vénère comme une sainte ou un ange gardien. Je l’admire, et je comprends désormais Alexandre. On ne peut qu’aimer une femme pareille.


Ce 23 juillet 1794


Je suis anéantie, Alexandre est mort ! Il m’a pardonné toutes mes fautes et m’a recommandé nos enfants, avant de monter dans cette charrette odieuse. Pourtant avec la mort de Robespierre, nous avions bon espoir de tous sortir. Delphine l’a suivi, elle n’était pas sur la liste des condamnés … mais elle a voulu mourir en compagnie de l’homme qu’elle aimait et elle a pris la place d’une autre, à présent en pleurs sur sa paillasse. Delphine et moi, nous nous étions liées d’amitié au fil des derniers mois. La prison crée le plus invraisemblable triangle, mais jamais je ne rougirai d’aduler la maîtresse de mon défunt mari. Son courage dépasse l’entendement, je n’ai jamais connu une telle abnégation chez quelqu’un. Je conserverai à jamais son souvenir, et si je sors de prison ... mais en sortirais je un jour ?


Ce 9 août 1794


Me voilà libre depuis 3 jours grâce à l’intervention de ma bonne amie Thérèse. J’ai pu embrasser longuement Hortense et Eugène, et leur apprendre le décès de leur père. Mais les pauvres étaient déjà au courant … Aujourd’hui, je ne pouvais pas résister à l’envie d’aller également cajoler ma chère Marianne. Hélas à peine arrivée dans le logis modeste des époux Loiselle, j’ai eu affaire à un véritable remue ménage, croisant médecins et voisins. J’ai donc interrogé la laitière qui m’a fait part de l’état de santé des Loiselle : la variole. Horrifiée, je paniquais aussitôt ! Ma fille se trouvait-elle toujours dans cette maison ? Mon interlocutrice m’assura qu’on l’avait éloignée dès les premiers symptômes et qu’on l’avait confiée à une cousine de la famille. Après avoir donné de l’argent au médecin pour que ces malheureux aient droit aux plus efficaces soins, je prenais le premier fiacre venu et partait chez la dite parente. Pour récupérer mon enfant, je me faisais passer pour la directrice d’un orphelinat, après tout cette femme n’avait aucun droit légal sur ma fille. Je la rassurais, en cas de survie des Loiselle, la petite leur serait rendue … mais hélas cette maladie ne pardonne généralement pas.





Comme j’aurai aimé avoir tort. Les Loiselle sont décédés en fin de matinée. Ma fille n’a décidément été touchée par la main d’une fée à sa naissance. Je l’ai confiée à Thérèse quelques jours, Thérèse sait tout et pense même que le père de la petite ne serait qu’un certain Talleyrand qu’on surnomme le Diable boîteux. Je le rencontrerai un jour, je dois en avoir le cœur net ! Mais aujourd’hui, je devais accompagner mon enfant à l’orphelinat de Paris et n’avais pas vraiment l’esprit à cela. Nous étions durant tout le trajet, main dans la main, ses grands yeux bleus scruteurs, fixés sur moi. Fort heureusement, le capuchon de mon long manteau me cachait à moitié le visage. Nous sommes entrées et Sœur Catherine nous a accueillies. Prénoms et nom de cet enfant, madame, m’a-t-elle demandé. Alors comme une évidence, je lui ai répondu : Delphine, Claire, Alexandra Loiselle. Adieu Marianne ! Ces trois prénoms synonymes de tant d’évènements pour moi, mais également de cette période glauque dans laquelle je vis ou plutôt survis, me semblent tellement plus dignes de ma fille. Mais à présent que tout est consumé pour ma fille, je préfère jeter aux flammes ce journal intime, où tout est révélé. Malgré mon veuvage, Delphine reste le fruit d’un viol et je ne peux toujours pas la reconnaître !


********************************************************

" Je me nomme Delphine Loiselle, et je suis sur le point de fêter mes vingt printemps. Age où tout fleurit dans la vie dit-on, où l’on chante les bienfaits de l’existence ! Mais pour ma part, je pense être née sous une mauvaise étoile ce 4 septembre 1786. Orpheline très jeune de mes parents, une dame inconnue, - une grande dame charitable m’a t-on dit plus tard - , m’a conduite à l’Orphelinat de Paris, je n’avais que huit ans. Papa et maman Loiselle me prénommaient toujours Marianne et je n’ai jamais compris ce soudain revirement, pourquoi Delphine ? Ayant perdu mon identité, j’ai mis de longs mois à m’habituer à cette nouvelle appellation et je faisais le désespoir des enseignants, qui me pensaient tous arriérée.


Presque deux ans plus tard, je fus baptisée, à la façon républicaine bien entendu. Mon parrain, un certain Monsieur Eugène et ma marraine Claire Tabouillot m’étaient totalement inconnus et le sont toujours. J’ai juste entendu dire que celle-ci venait d’être libérée du couvent des Carmélites de Verdun, une de ces Vierges mais voilà je n’en sais pas plus, ni d’elle ni de cette affaire. Ma vie est un mystère, une énigme et chaque soir tout ceci me ronge. Je ne sais pas qui je suis, d’où je viens, qui sont mes parents ! A ce propos un après midi, j’étais si désespérée, et j’avais tant harcelé Sœur Catherine, que cette dernière me mit sur une piste. Ma mère était une noble et riche dame. Elle n’en dit pas plus, mais mon cœur lui battait la chamade, j’avais un endroit où chercher : Les Tuileries. Mais comment y pénétrer ? C’est alors que la Providence se métamorphosa en une femme : Elisa Bonaparte.


Jeune femme exceptionnelle vraiment ! Elle visite les malheureux et les affligés, prend soin d’eux, les écoute avec attention. Je l’ai rencontrée au printemps 1802 son frère allait devenir l’Empereur des Français, mais je ne l’ai su qu’après ! Exclue volontairement des jeux de mes camarades, je réfléchissais à mon passé. Elle s’est approchée de moi, s’est assise sur ce banc et m’a parlé de sa voix la plus douce. Un rayon de soleil n’aurait pas mieux pu illuminer ma vie. Elle revint tous les jours, s’occupant bien sûr des autres, mais je crois bien que j’avais une place privilégiée. Un jour d’été, elle me fit la promesse qu’une fois majeure, elle m’accueillerait aux Tuileries en tant que camériste. J’exultais ! La chance me souriait-elle enfin ?


Hélas, tout bascula le jour même de mes 16 ans, à cause de cette broche. Un cadeau envoyé par ma mère, cette inconnue. Certes, j’étais heureuse de recevoir un tel présent, mais la curiosité, la lassitude de ne rien connaître d’elle me fit prendre une décision précipitée. J’allais m’enfuir de l’orphelinat. Je laissais un mot sur mon lit expliquant ma conduite, sollicitant le pardon des religieuses et je franchissais les portes, un petit baluchon à la main et cette broche qui me rattache toujours à ma mère.


J’errais dans Paris durant des journées entières, je me souviens même avoir volé une pomme ou deux au marché pour pouvoir me nourrir. Je ne tenais plus sur mes jambes. En outre nous étions en septembre certes, mais le temps était sec, froid, humide, il pleuvait sans cesse. Trempée jusqu’aux os, j’étais devenue une mendiante. Je fus tentée plusieurs fois de revenir sur mes pas et de rentrer à l’orphelinat, alors aussitôt je songeais à ma mère et d’ailleurs également à mon père, qui était-il ? Avait-on prévenu ma mère de ma fuite ? Avait-elle lancé des policiers à mes trousses ? Je le craignais et l’espérais en même temps. Ce fut donc dans cet état de fatigue physique et morale, que cet homme m’est apparu comme un mirage. Il m’a tendu la main, et machinalement je l’ai suivi, il faut dire que je n’avais plus de forces. Fort heureusement, Xavier Vadeboncoeur n’avait aucune mauvaise intention à mon égard et c’est sans condition qui m’offrit le gîte et le couvert. Par la suite, je devenais une de ses servantes, et j’ai toujours aimé sa façon de me protéger de bien des hommes qui désiraient me mettre dans leur lit. Ma gratitude à son égard est infinie et je ne saurai jamais comment le remercier, même si je fus pour lui une employée modèle. Malheureusement, ce n’est pas confinée dans la Taverne de l’Aigle que je pouvais retrouver ma mère ! Lorsque nous assistâmes au sacre de l’Empereur, je revis Elisa et sa proposition me revint en mémoire. Xavier livrait parfois en nourriture ou en vins les Tuileries, je lui demandais donc un énième service : celui de remettre une lettre à la princesse. Par des voies intermédiaires, le message lui parvint et elle y répondit favorablement, faisant fi de mon âge. Une fois encore, j’embrassais Xavier sur les deux joues, lui promettais de venir le voir très souvent, dès que mes nouvelles obligations me le permettraient et je courais vers ma nouvelle vie.


Les Tuileries sont un lieu magnifique et je m’y sens apaisée et en même temps excitée. Ma mère se trouve entre ces murs, j’en jurerai. Comme je ne me vois pas questionner ses habitants, j’ai décidé de mener mon enquête autrement. L’espionnage. J’écoute en effet aux portes, mais toujours avec la plus grande discrétion. Je ne voudrais pas me faire renvoyer. Depuis ces trois dernières années je n’ai pas appris d’ailleurs grand-chose, si ce n’est qu’Elisa est au courant de quelque chose me concernant. C’était aujourd’hui même, je l’ai explicitement entendu dire ceci à une mystérieuse jeune femme : Elle possède cette broche dans ses affaires, et l’autre aussi, pour moi il n’y a aucun doute, il s’agit de sa mère, vous vous rendez compte du scandale ?


Quel scandale ? J’ai dégluti et suis retournée à mon repassage toute intriguée, et avec l’estomac noué ! Elisa connaît visiblement l’identité de ma mère mais ne m’en dit rien. Quel est donc ce scandale que je pourrais créer ? Mon enquête me semble de plus en plus dangereuse, parfois elle me fait même peur, mais je me suis fixée un but et dussé je y mourir, je parviendrai à tout découvrir ! J’en suis là de mes résolutions lorsqu’un certain Christian Navarro m’attrape par la taille et m’embrasse la nuque. Je me retire aussitôt de cette étreinte dégoûtante. N’a-t-il pas compris que je ne désirais rien savoir de lui ? Qu’il ne m’intéressait en aucun cas ? Il peut toujours espérer et prier pour que j’accepte de me dévergonder en sa compagnie, je ne suis pas une fille de peu. Il croit peut-être que ma résistance est factice et juste propre à attiser plus encore son désir, pour lui prouver le contraire, je lui assène une magistrale gifle et lui claque la porte au nez. Peut-être me laissera t-il enfin tranquille après ça ! Mais s’il ne le fait pas, j’irai me plaindre à la princesse ou même à Xavier. Il fera moins le malin devant lui c’est certain, je n’en peux plus de lui !


Je n’aime que Charles, même si je me dois de ne jamais le lui dire, puisque devant lui mes yeux doivent se baisser. Parfois je me surprends à rêver que mes sentiments sont réciproques, mais je me raisonne aussitôt, comment un homme comme lui, s’intéresserait-il à une pauvre camériste comme moi ? Sauf si … si ma mère se révélait être, en effet une grande dame. Décidément toutes mes espérances convergent vers le même point et la même interrogation : Qui sont mes parents ? De cette quête, j’en fais désormais le but de ma vie et croyez moi je vais mettre les bouchées doubles pour que tout me soit révélé !



« Qu’elle est belle quand coule son rimmel »

Sous le ciel brumeux de Paris, lorsque les cloches dominicales éveillent les habitants ceux-ci ne tardent pas à apparaître au coin des rues. Ils se rendent à la grande Cathédrale où résonne ce régulier "concerto" de percussions. C’est un jour de fête, le protecteur de la ville, va être célébré comme chaque semaine ! Mais ce n’est pas tout ce qui attire les paysans et les bourgeois, car si ce petit quartier a son protecteur, il possède aussi son égérie. Ce n'est pas une Sainte bien que certains prétendent qu'avec son visage d'ange, elle règnerait sans mal près de Jésus, ni une héroïne bien qu'elle nourisse plus d'une personne en cette bonne, vieille capitale, il s'agit tout simplement d'une petite camériste. Une servante, qui en surprend plus d'un, par ses cheveux si étonnants dont les teintes changent au fil des saisons selon les caprices du soleil… du blond d’or au châtain. Ses yeux si loin du noir local, sont tous deux d'un azur cristallin. Son nez, l'ovale parfait de son visage, sa bouche fine tout reflète une beauté réelle et charismatique.

Mais l'attraction de cette jeune femme de 20 ans, repose sur ce qu'elle dégage avant tout. Que serait la beauté sans le maintien, sans le bon ton de ses manières, sans le sourire, sans l'art d'imposer le respect à celui qui l'approche? En effet, quand on la voit marcher au milieu de la foule qui se presse, on cherche vainement une imperfection physique chez elle, la grâce indéfinissable qui met en elle chaque mouvement de sa physionomie est supérieure même à sa beauté. Pourtant si elle est aimée ce n’est pas pour son joli visage mais pour le manque de coquetterie qu’il dégage. Cette futilité que possèdent tant de femmes, elle ne la possède en rien. Delphine déteste ça ! Son naturel est la seule carte qu’elle joue partout et même aux Tuileries. A prendre ou à laisser !

« Que vois-je, Madame, vous rendrais-je écarlate?»

Dotée d'une volonté de fer et de nerfs d'acier, Delphine est tout naturellement née pour diriger, malgré sa basse condition. C’est bien simple, rien ne lui paraît au-dessus de ses forces et aucune situation, quelle qu'elle soit, ne lui semble désespérée. Elle considère toute difficulté non comme une catastrophe plus ou moins grande, mais comme un simple obstacle à franchir. La détermination et la persévérance sont ses meilleurs atouts dans la vie. Lorsqu’on veut quelque chose réellement, on l’obtient tôt ou tard !
Elle a pris très rapidement en horreur le mot "habitude" et veut toujours faire preuve d'imagination. C’est d’ailleurs pour ça qu’elle ne fait presque jamais deux fois la même chose de la même manière, ce qui la rend déroutante. Pourtant n’est ce pas ce trait de caractère qui lui confère son charme ?

La notion de fatalité si forte au début de son existence lui est de plus en plus étrangère. Pour elle, "la fatalité, c'est ce que nous voulons" Elle croit en effet, fermement que chacun est artisan de son propre destin. Les lignes de sa vie, elle en sera le seul auteur et pourquoi pas être celle de quelqu’un d’autre ?

Intelligence ? Il en faut bien, pour qu’elle soit si sûre d’elle sur bien des points. Confiance en soi ou orgueil ? Parfois l’un parfois l’autre. En tout cas, ce qu’on ne peut lui enlever est sa grande capacité de simplifier ce qui est complexe et de percevoir les autres mieux qu’eux même, ce qui fait d'elle une personne très perspicace. Delphine Loiselle se trouve ainsi être une conseillère sans égal. Elle commet ses actes avec une extrême discrétion, en inventant des stratagèmes qui ne font justement sa réputation, et elle tire dans cette discrétion toute sa gloire.

« J’avais rêvé d’une autre vie… »

Je pense en fait avoir dévéloppé ce point dans ma fiche.

Les tuileries vous attendent, aurez-vous le courage de vous y rendre?

« Ange ou libertine? »

Qu'est ce donc que le libertinage ? Je ne vois vraiment pas en fait. Ce n'est guère un mot que l'on nous apprend au couvent, puis à l'orphelinat. Est-ce, ce que mes camarades serveuses faisaient à l'étage de la Taverne de l'Aigle ? Peut-être ... mais il faut dire que je ne m'y suis jamais rendue ! Que l'Etre Suprême m'en garde ! Je suis pure de toute décadence, et le seul à qui j'offrirai ma virginité est Charles de Flahaut, mon prince charmant !

« Royaume ou Empire? »

L'Etat me convient tout à fait comme il est gouverné aujourd'hui. La princesse Elisa est la soeur de l'Empereur, celle qui m'a ouvert sa porte ! Comment pourrais je désirer sa chute ? Car enfin si Louis XVIII récupère le trône de son frère, où iraient les Bonaparte ? Je plains sincèrement la famille de Louis XVI et Marie Antoinette, et en particulier ses deux enfants qui ont vécu l'enfer, mais si on a fait la Révolution, c'est bien qu'il fallait évoluer. L'Empire est un régime nouveau, Napoléon est un génie militaire soucieux de ses soldats. Je ne l'ai jamais rencontré, mais je sais que bien des gens l'adulent et l'adorent. Alors pourquoi changer ce qui est bon pour la France ?

«Fidèle ou comploteuse?»

Je suis persuadée que l'on complote en France et au delà des frontières, contre l'ordre établi. Cela me désole ! On dit que Talleyrand, le diplomate de l'Empereur, a su déjà mettre un coup décisif aux complots royalistes. Pour ma part je ne sais que penser de l'éxécution fort rapide du Duc d'Enghien. Mais peut-être que ceci a eu l'effet contraire sur les comploteurs, et que cela les rend plus acharnés encore. Promis, quand je visiterai Xavier, si j'entends des conversations étranges ou au parfum de secret au sein de sa taverne, j'en ferai part directement à Elisa et pourquoi pas à l'Empereur s'il daigne me recevoir.
[font=Georgia]
Pardonnez-moi, je n’ai pas bien saisi.

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Code du forum : Euh ... Code Napoléon ? J'avoue avoir fouillé un peu partout, contexte, règlement et je ne vois que celui là !
Quelque chose à rajouter : Vive Napoléon ! What a Face
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MessageSujet: Re: Delphine Loiselle {Terminé}   Dim 8 Aoû - 8:12

Lisaaaaaa! Chouette! Aaaah trop bien ta présentation. Exactement ce qu'il fallait pour Delphine/Marianne! Effectivement tu as assez développé Razz La vie de ton personnage est presque entièrement faite de regrets et de troubles, alors il n'y a aucun problème!

Effectivement, je crois que nous avons oublié de mettre le code, mais je n'ai pas m'inquiéter avec toi Wink

Alors bienvenue sous le Premier Empire, ma belle Delphine! Smile Tu es validée avec le plus grand des plaisirs!
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MessageSujet: Re: Delphine Loiselle {Terminé}   Lun 9 Aoû - 6:51

Merci beaucoup pour ce super accueil !

Au plaisir de jouer avec Votre Majesté ! Mais aussi avec vous tous ! Very Happy
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MessageSujet: Re: Delphine Loiselle {Terminé}   

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