Thaïs de Langres

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MessageSujet: Thaïs de Langres   Lun 16 Aoû - 8:57

Thaïs de LANGRES DE LONGAVESNES
Feat._____ Imogen Poots I love you

  • Age

23ans, née le 8 décembre 1783. Je suis seconde d'une petite famille de deux enfants.

  • Titre ou métier

L'Ancien Régime m'octroya dès ma naissance le titre de comtesse de Longavesnes, qui me fut rendu par l'empereur. Celui-ci m'offrit le titre de comtesse d'Empire, sous le nom de comtesse de Langres.

  • État social

Célibataire, mais aux yeux de tous je suis certainement libertine. Mon cœur est au roi, mon âme est à Dieu.

  • Origines

Elles remontent jusqu'au cœur de l'Anjou, non loin de la forêt de Vezins. Vous y trouverez les ruines d'un petit château, encore fumantes parmi les braises qu'ont laissé les soldats de Turreau.

« Qu’une danse emporte ma vie »

L’herbe chatouillait ses pieds nus, alors qu’elle courrait sur le tapis de verdure, ses longs cheveux blonds voletant dans le vent de printemps.

“Thaïs, attends!”

La voix de son frère Mathieu résonna, coupant le silence que Dame Nature avait imposé au lieu. La petite fille se retourna et sourit à son grand frère, tout en poursuivant une marche hésitante vers l’arrière.

‘Dépêche-toi, Mathieu! Madame Lourel ne nous attendra pas!”

Elle éclata d’un rire gai et sonore, et le visage baigné par le soleil, elle attendit son grand frère, s’allongeant dans l’herbe fraîche. Rien ne pouvait rompre ce bonheur qu’elle ressentait à l’instant-même.



Courir. Toujours courir, sans chercher à s’arrêter, sans prêter attention au cœur qui manque de se rompre, aux branches des arbres qui fouettent le visage, aux aboiements des chiens lancés derrière leur gibier.
Thaïs ne pouvait perdre son temps à réfléchir à son salut. Il fallait atteindre la rivière coûte que coûte, perdre sa trace dans l’eau qui traversait la forêt, se terrer, et prier pour que ces loups cessent leur traque.
Les branches arrachaient quelques pans de sa robe, mais rien ne pouvait stopper la course effrénée de l’enfant, poussée par les cris des chiens qu’elle sentait de plus en plus proches.

Si ses souvenirs de fillette ne la trompaient, le petit lit de la rivière devait se trouver à quelques mètres. Essoufflée, le souffle saccadé, Thaïs savait qu’un seul instant de répit pouvait la perdre, et les yeux agrandis par la peur des aboiements qui retentissaient au loin, elle aperçu enfin le petit cours d’eau salvateur.
La voix de son père résonnait encore dans sa tête, et elle se rappela alors combien de fois il lui avait expliqué la chose.

-Ce qu’il faut savoir, Thaïs, c’est que le gibier traqué cherche à sauver sa peau coûte que coûte, et n’est pas plus idiot que vos chiens ! Savez-vous comment il parvient à semer nos meutes ?
-Non papa.
-L’eau, ma petite Thaïs. L’eau ! Même le meilleur chien de meute perdrait une trace dans l’eau. Celle-ci efface toutes les odeurs, et est le meilleur allié du gibier.

C’était elle, aujourd’hui, qui était ce gibier, et l’eau la sauverait à son tour des chiens.
Elle sauta sans réfléchir dans le petit cours d’eau, évitant les galets glissants, et sans perdre de temps, couru le long du lit afin de descendre le cours d’eau. Elle ne prêta pas attention au froid glacial qui la saisi aussitôt. La chaleur de son corps apaisa les picotements dus au froid, et sans attendre, elle poursuivit sa course, espérant ainsi se réchauffer. Plus que jamais l’hiver se montrait cruel.

La robe alourdie par l’eau qui s’infiltrait, Thaïs poursuivait sa route, le son des chiens sur ses talons. Se cacher. A tout prix, sans quoi ils la verraient. Prise, elle serait fusillée sur le champ ou pire, dévorée par ces loups. A cela, elle préférait la terrible guillotine dont elle avait tant entendu parler.
Thaïs avisa les racines d’un arbre, formant en tombant dans l’eau un recoin sombre et protecteur. Sous les branches du saule, avec sa petite taille, la fillette serait cachée de la vue des loups.
Le cœur battant, elle se faufila sous les feuilles basses, et se recroquevilla grelottante, terrifiée à l’idée d’être découverte.

Puis l’attente vint. Thaïs ne savait ce qu’elle attendait précisément, mais inconsciemment, elle saurait tout danger écarté si elle entendait les chiens s’éloigner d’eux-mêmes.
Mais seul le silence pesant et inquiétant accompagnait l’enfant.
Passant une main autour de son cou, elle sentit les petits grains du chapelet qui ne la quittait plus. Pressant avec ferveur son plus grand soutient, elle ramena ses genoux contre elle, et après avoir embrassé fiévreusement la petite croix de bois, ferma les paupières, et invoqua les Cieux.

Petit à petit, la torpeur de ses saintes prières l’enveloppa totalement.




-Eh ben ma belle, qu’as-tu trouvé comme petite bête ?!

Thaïs s’éveilla en sursaut, sentant sur sa joue la langue humide d’un chien affectueux. Ouvrant des yeux apeurés, elle recula d’un bond, et aperçu alors l’homme qui se tenait accroupi près d’elle.

-Eh bé ! Jolie p’tite biche que t’as trouvée là, ma belle !

L’homme mâchouilla le brin d’herbe qui sortait de sa bouche, et tirant d’un geste sec le chien en arrière, observa la petite fille qui se terrait sous les branches, tremblante.

-Faut pas avoir peur ma p’tite ! Vu ton minois tu m’as pas l’air d’être une pataude…viens par là, j’vais pas t’manger comme ces culs-blancs !

Thaïs observa un court instant le visage de l’homme, avant de décider si elle pouvait lui accorder sa confiance. Son sourire dégageait une rangée de dents gâtées, mais son visage buriné sous son chapeau noir à larges bords avait cette expression indéfinissable, qui rassurait la petite fille. Malgré la peau jetée sur ces épaules massives et l’allure un peu bestiale de l’homme, le cœur de l’enfant fut séduit dès qu’elle aperçu sur la poitrine du paysan le cœur rouge surmonté d’une petite croix.

Doucement, elle tendit sa petite main blanche, et sans ajouter un mot, l’homme la tira hors de sa cachette. En un coup d’œil, il avisa l’allure de la fillette, et dans un geste compatissant, ôta sa veste et la passa sur les épaules frissonnantes de Thaïs.

-Bonne mère ! Vous grelottez ma p’tite dame ! C’est pas un endroit pour vous…v’nez !

Thaïs ne répondit pas aux remarques amusées de l’homme qui tentait de la mettre en confiance ; la prenant par les épaules, il la fit sortir de l’eau, et après quelques pas le long de la petite berge, ils retrouvèrent le chien qui se jeta aux pieds de l’enfant en jappant, et un homme de fière allure, appuyé sur une faux retournée. Son cœur arborait fièrement le même symbole, achevant de rassurer l’enfant.

-Eh, L’Etau, vises ce que j’ai ramassé ! Tu crois qu’elle sera assez pour les gars ? y’a pas beaucoup à manger dessus !

Son sauveur éclata d’un rire sonore, et souriant à la blague de son ami, le dénommé L’Etau montra cependant un visage à la fois grave et bienveillant. Thaïs su aussitôt lequel des deux hommes elle préférerait.

-L’écoutez pas, mad’moiselle, Carillon porte bien son nom.

L’Etau secoua la tête en souriant, et s’accroupit aux pieds de la fillette afin de l’observer à son tour. Sous son chapeau, un regard d’aigle la fixa intensément.

-Ah ! Mais tu nous as ramené la petite comtesse de Longavesnes, Carillon ! Voilà une bonne nouvelle pour monsieur de Kervoix !

L’Etau ôta son chapeau d’un geste sec, dévoilant une longue tignasse brune et emmêlée. Se relevant, il amena contre lui la petite fille dans un mouvement paternel.

-N’ayez pas peur petite comtesse, on vous emmène loin des culs-blancs ! Vous m’connaissez pas, mais monsieur l’comte m’a souvent demandé de venir ferrer ses chevaux, et j’vous ai aperçu bien souvent à Vezins ! Allez, venez, j’vous ramène chez nous !
Mais petite comtesse, je veux que vous me disiez ce que vous faisiez cachée sous un saule, d’abord !

Thaïs leva à tour de rôle les yeux vers les deux hommes. Non, en effet elle ne les remettait pas, mais son cœur lui dictait de les suivre. Un bleu n’était pas capable de se travestir aussi bien s’il eu voulu la tromper, et le nom de son cher oncle et voisin, le marquis de Kervoix, la rassura totalement.
Posant un regard implorant sur L’Etau, elle hocha la tête silencieusement, et retombant dans cette enfance innocente, glissa sa petite main glacée dans celle de l’homme.

-Quel jour sommes-nous, monsieur L’Etau, demanda-t-elle d’une petite voix timide ?

-Dame ! Je crois que nous avons passé la Saint Sylvestre depuis de très nombreux jours ! A quand ça r’monte, Carillon ?

-Comme le Carême, L’Etau !

-Eh ben ma p’tite comtesse, nous sommes le 9 février !

Thaïs baissa la tête silencieusement, se remémorant tout ce qui s’était passé depuis une cinquantaine de jours. Des visions se succédaient par images, y mêlant l’odeur âcre du sang à celle de la poudre fumante.

-Nous n’avons pas fêté Noël, cette année monsieur L’Etau…

L’homme posa sur elle un regard soudainement attristé, tentant de masquer une profonde douleur. Le calme et la gravité remplacèrent l’insouciance passée dans sa voix.

-Dieu vous a offert la vie, p’tite comtesse. C’est lui qui nous a donné des cadeaux, c’t’année.

Un silence pesant ponctua la phrase de l’homme, avant que la fillette ne poursuive.

-Vous étiez à Savenay, vous aussi ?

-Oui…je ne sais pas comment Carillon et moi sommes encore là…

-Eh L’Etau ! Peut-être qu’en fait nous sommes des fantômes ?!

-Pour les culs-blancs, j’espère !

L’enfant sourit timidement, sortant peu à peu de son mutisme.

-Nous avons quitté le château vers juin, et nous sommes allés à La Boulaye.

-Ah ! M’sieur le comte a suivi M’sieur de Lescure, alors !

-Je crois oui…Papa est d’abord allé avec mon oncle de Kervoix, fin avril je crois. Il y a eu une terrible bataille, et maman n’a pas voulu que nous restions.

Le forgeron hocha silencieusement la tête, et jeta un œil à Carillon. Dans cette guerre, nul ne pouvait être plus égaux que ces paysans et ces nobles, connaissant tous cet exil forcé par un régime de terreur. Sans savoir qui en tirait les ficelles, ce nom de « Convention » était pour eux synonyme d’antre de Belzébuth.

L’Etau pressa la fillette contre lui pour la réchauffer.

-Nous avons vécu à la Boulaye pendant quelques semaines, et nous sommes partis en octobre, quand le danger était beaucoup plus présent. Maman m’a dit que les soldats de monsieur Oustremane étaient partout !

-Westermann, petite comtesse, rectifia d’un ton neutre L’Etau.

-Oui…et monsieur Turreau aussi. Maman m’a dit que l’armée de la République allait brûler tout le pays, et qu’il fallait fuir. Alors j’ai pris ce que j’avais de plus précieux, et nous avons rejoins tous les autres gens qui partaient aussi.

-Des Westermann ou des Turreau n’ont pas besoin d’avoir du « monsieur », ma p’tite comtesse.

-Papa disait que les généraux républicains sont des monstres, sauf monsieur Quétineau.

-Certainement…et la Convention n’a pas apprécié l’honnêteté de monsieur Qutéineau, marmonna amèrement le forgeron. Et m’sieur le comte, ma p’tite demoiselle ?

-Il a reçu une balle dans le cœur à Vezins.

L’Etau se tut à nouveau, et serra les doigts de la fillette qui s’étaient durcit autours de sa main. Il voyait sans peine tout ce qu’avait vécu l’enfant, et son cœur se serra à la pensée de cette vie. A dix ans, elle avait vécu plus d’horreurs qu’il n’avait vues dans sa propre vie. A dix ans, elle avait vu son père mourir, avait vécu l’exil et la mort, la terreur et la traque. A dix ans, elle avait vu tout ce que l’on pouvait connaître en une vie.

Il ignora les larmes discrètes qui coulaient le long des joues de Thaïs, et ne la poussa pas plus loin dans ses souvenirs, devinant aisément la suite de cet exil. Cette longue marche vers la Bretagne, sous le vent de galerne, cette lente agonie avait coûté la vie et l’esprit au peuple vendéen.
De la Loire à Granville, de Granville à Savenay, elle avait vu ce que ses propres yeux avaient découvert. Elle avait connu la famine et la fatigue, la peur et l’angoisse, les cris d’un peuple exsangue, le bruit des canons, et l’odeur du sang. Comment pouvait-elle se montrer si tranquille ? Où cette fillette de dix ans puisait cette force tranquille ?

-Que s’est-il passé pour les généraux qui ont passé la Loire, monsieur L’Etau ?

-A ce qu’a dit m’sieur de Kervoix, ils ont erré, avant de retrouvé une partie de l’armée. Ils ont été à Vezins, près de chez nous, et ont tenus tête à ce monstre de l’enfer de Westermann.

-Est-ce cette petite armée que nous allons rejoindre ?

-C’qu’il en reste, p’tite comtesse. Votre oncle a passé la Loire avec eux…tous nos généraux nous ont été ôté par les culs-blancs, et il n’en reste que peu, comme m’sieur de Charrette et m’sieur Stofflet.

-Même le général des généraux, monsieur L’Etau ?

L’homme hocha silencieusement la tête dans un soupir las.

-Il y a deux semaines, p’tite comtesse. Une balle en plein front.

Baissant la tête, l’enfant eu un regard triste, de ces regards inhabituels chez une enfant de cet âge. Ainsi, son monde s’écroulait définitivement. Ce monde que son père avait protégé, servi, et pour lequel il laissait sa vie. Plus rien de ce qu’elle avait connu dans sa courte vie n’existait, que des souvenirs heureux, mêlés à cette ambiante terreur.

-Et m’dame la comtesse, L’Etau ? Dis lui où qu’elle se trouve !

-Avec nous, ma petite comtesse ! Votre mère est en sécurité auprès de son frère Kervoix !

L’enfant parvint à sourire, mais une inquiétude brilla dans ses prunelles bleues.

-Mon frère Mathieu est avec elle, monsieur L’Etau ?

Se fut au tour de l’homme d’enserrer la main de l’enfant, et la pressant doucement contre lui, murmura tristement.

-Non, ma petite comtesse. Il n’est pas avec nous.

Aucun mot supplémentaire ne fut nécessaire pour que l’enfant lise entre les lignes, et enroulant ses doigts autours de ceux de L’Etau, Thaïs appuya sa tête blonde contre ce corps massif. Silencieux, Carillon ne pu s’empêcher de laisser couler une petite larme sur son visage, au souvenir du fier et honnête jeune homme qu’avait été Mathieu de Langres. Une fois encore, la République leur avait ravi ce qu’ils possédaient de meilleur dans leur pays.

Thaïs s’éloigna un court instant de l’homme, et stoppant sa marche, fixa le chemin qui s’étendait devant elle, puis posa un regard déterminé sur L’Etau.

-Un jour, quand je serais grande, je montrerais à ces hommes que le peuple vendéen ne meurt jamais, et qu’aucune république ne pourra l’écraser.

Les deux hommes sourirent tendrement à cette enfant ; au fond d’eux, une petite admiration naquit pour cette fillette. Dix ans à peine, et déjà son avenir se traçait, aussi limpide que son regard le montrait ; L’Etau devinait aisément que rien ne pourrait empêcher ce destin de s’accomplir.

***


-L
a paix a donc été signée ?!

-Oui ! Le 9 octobre, mademoiselle !

La jeune femme qui s’était levée de stupeur se rassit lourdement dans le fauteuil damassé. Les sourcils froncés, elle posa son menton sur son poing fermé et réfléchit un instant.

-La loi des otages est toujours en vigueur, n’est-ce pas, mon oncle ?

Le marquis de Kervoix, dans le second fauteuil, soupira de lassitude, et leva un regard inquisiteur vers le jeune messager.

-Je crains que oui, mademoiselle.

-Tant que nos deux noms seront sous cette coupe juridique, nous ne pouvons rien, Thaïs.

-Je le sais, mon oncle. Mais je continue de prier pour qu’un jour, Dieu envoie son esprit sur certains hommes, afin de leur inspirer des idées justes et digne des préceptes qu’ils défendent. Ils nous massacrent pour prôner leur égalité ! Je n’ai rien vu de plus insultant.

A nouveau, Louis de Kervoix soupira. Il savait ce que sa jeune pupille avait vécu, et pouvait se vanter de la connaître mieux que quiconque. Le marquis tourna la tête, et observa un instant les plaines d’Angleterre, aussi mornes et froides qu’il les avait toujours imaginé.
Il se retourna vers le feu crépitant de la cheminée, et leva les yeux vers sa nièce.

-Thaïs, vous savez que la violence que répond à aucune question ; je n’ai nul besoin de vous l’apprendre un peu plus, ce que nous avons tout deux vécu nous l’a appris. Mettez votre intelligence à votre service, et ne vous abaissez pas à user des mêmes méthodes que nos bourreaux.
Ce Bonaparte l’a compris. Plutôt que de nous détruire physiquement, il insémine son lent venin qui nous consumera de l’intérieur. J’ai crains l’épée de Robespierre pour mon cœur, je crains aujourd’hui l’esprit de Bonaparte pour mon âme.

La voix grave de son oncle apaisa l’humeur de la jeune femme, et silencieusement, celle-ci congédia le messager.

-Ainsi, vous décidez de suivre messieurs de Sapinaud ou d’Autichamp ?

-Il le faut, Thaïs. La paix est signée, et sans elle, nous sommes condamnés à vivre en territoire anglais. A présent que les armes sont déposées, nous pouvons espérer une levée de cette loi répressive, et pouvoir revenir dans notre pays.

-Et attendre que la gangrène se propage ?

-Non. Attendre que le vent soit meilleur et nous soit favorable. D’ici là, mettons nos cerveaux à notre entier service. Les guerres qui viendront seront tactiques, Thaïs, purement tactiques. Nous sommes en 1799, vous êtes jeune. Votre avenir est à vous, tâchez de mettre ces atouts à profit.

***

T
haïs se faufilait parmi les invités, évitant pieds et verres qui pouvaient croiser son chemin. Les tenues sombres de chacun tranchaient avec les rires qu’on entendait, malgré l’ironie de cette situation atypique. Il y avait bien longtemps qu’elle n’avait fréquenté ces endroits mondains, mais Thaïs retrouva aisément ses marques, et avisa un groupe de jeunes hommes, semblant attirer autours d’eux de nombreux regards et jeunes femmes.

Elle savait combien les fêtes pouvaient cacher de noirs desseins, et la jeune femme pesa soigneusement chacun de ses mots lorsqu’elle arriva à hauteur du petit groupe.

-On dit qu’il y a ici ce soir le plus incroyable des Incroyables de Paris, messieurs.

Un jeune blond se retourna vivement, un coin de sa bouche se soulevant face au visage angélique de la jeune femme. Ses yeux brillèrent d’une lueur de malice, et ignorant le manque de convenances de cette inconnue, tourna la tête en arrière.

-Il porte cette veste couleur nuit, un brassard au bras droit. Vous le trouverez près du salon de l’Horloge, chère victime.

Thaïs salua brièvement le jeune homme, et ne s’attardant pas sur une étiquette qu’elle devinait passée de mode, se faufila à nouveau vers l’homme signalé.
Tout dans l’allure du sémillant jeune homme rappelait à Thaïs un ancien souvenir, et celle-ci ne pu empêcher un léger mouvement d’arrêt.

-Monsieur ? Seriez-vous celui que l’on désigne comme le plus incoyable de tous ?

Le jeune homme se retourna, et en un seul instant, un flot d’images et de sons revint hanter l’esprit de la jeune femme. Ces yeux, ce regard si profond, ces cheveux fins et cette élégance naturelle….elle ne pouvait que les reconnaître ! Alors que le cœur de la jeune fille battait à tout rompre, le jeune homme lui avait saisi fiévreusement les mains.

-Thaïs ! Thaïs de Langres !

-Gaspard de Bassonville ! Vous, ici !

-Je vous retourne la question, mademoiselle !

Aucun son ne pu sortir de la gorge de la jeune femme, tant l’émotion l’étreignait à la vue de ce vieil ami. Sans lâcher ses mains, le jeune homme éloigna la jeune femme des regards indiscrets, et profita de cet instant de répit pour serrer contre lui celle qu’il n’osait plus revoir.

-Je vous ai cru mort, Gaspard !

-Et je vous imaginais aux côtés de notre défunt roi !

-Que faites-vous ici, mon cher ami ?

La voix de la jeune femme s’était faite plus grave. Si tout les invités à ce bal des Victimes ne prêchaient pas l’honnêteté, elle savait que rien en Gaspard de Bassonville pourrait être mis en doute.

-Mon père, Thaïs. Ici même à Paris, en 1794. Et vous-même ?

-Votre père, Gaspard.

Malgré le douloureux souvenir, elle ne pu s’empêcher d’afficher un sourire espiègle.

-Et votre famille ? Avez-vous exilé avec toutes les autres ?

-Nous sommes restés, Gaspard. Mon père a rejoint mon oncle Kervoix, puis la Grande Armée. Je n’ai quitté la France qu’en 1796. Mon oncle m’a emmené en Angleterre, j’en reviens tout juste, voyez-vous !

-Et votre famille, Thaïs ?!

-Mon oncle est le meilleur des hommes, Gaspard.

-Est-ce tout ce que vous pouvez me dire ?

L’inquiétude résonnait dans la voix du jeune homme, qui avait repris les mains de son amie. Leurs yeux se croisèrent un instant, et refoulant quelques sanglots qu’elle ne pouvait laisser sortir, elle répondit dans un sourire triste.

-Mon père a reçu une balle en plein cœur non loin de Vezins, en janvier 94; mon frère au côté, puis fut à Savenay le 21 décembre, où les bleus le guillotinèrent à leur façon, m’a dit maman. Elle s’est laissé prendre par le chagrin, et a rejoint notre Père en avril 96.

Elle n’avait pu retenir les quelques larmes qui humidifiaient ses yeux, et dans un mouvement fraternel, Gaspard la serra silencieusement contre lui. Combien d’années les avaient séparés ? Huit ans, dix ans peut-être ? La guerre avait ébranlé leurs espoirs enfantins, et sentant contre lui la respiration lente de cette chère amie, il revoyait leur jeux d’enfants, encore innocents, et si loin de l’horreur qui venait déjà lentement à eux.

Il l’observait à présent, celle qu’il considérait comme une sœur. Elle avait bien grandi, mais elle conservait ce petit air mutin et cette expression déterminée. Elle était devenue cette jeune femme qui aujourd’hui l’affaiblissait, sans qu’il n’eu pu s’y attendre.

Tout deux se dégagèrent, et dans un sourire, Thaïs sécha ses yeux rougis, et cette lueur volontaire brilla bientôt dans ce regard fier.

-Il faut que j’en vienne au but, Gaspard. Vous ne pouvez savoir combien je suis heureuse qu’il s’agisse de vous et non d’un inconnu, tant ma demande est particulière !

-Je vous écoute, répondit gravement Gaspard de Bassonville.

-Je sais que sont ici réunis ceux qui se proclament victimes, mais que nombre d’entre elles sont des imposteurs. Il me faut être certaine que ce que je dois vous demander ne doit point transpirer.

-La parole d’un Bassonville vaut celle d’une Langres-Longavesnes, Thaïs.

La jeune femme sourit à nouveau, et entoura de ses doigts les mains de Gaspard.

-L’ont dit de vous que vous êtes une véritable victime, qui malgré les apparences restez fidèle à votre cœur et votre âme.

-Cela est vrai.

-L’ont dit également que vous êtes proche du pouvoir, que les portes vous sont ouvertes.

-Cela est également vrai.

-Enfin, l’on dit que vous êtes sagace, perspicace et honnête, mais que s’il le faut, le dupe est votre atout.

-Cela est toujours exact, Thaïs. Dites-moi ce qu’il vous sera utile que je fasse.

-Que vous m’introduisiez auprès du pouvoir, Gaspard. Que je sois celle sur qui l’on se retourne, grâce à mon esprit et ma culture. Je ne veux point être de ces femmes simplement belles. Mon intelligence me suffit. Je veux avoir une place près des Grands.

Gaspard afficha un sourire entendu, répondant à celui qui élargissait les lèvres de la jeune femme. Comme la petite fille avait grandit ! Il semblait la découvrir à nouveau, et s’il se souvenait de cet amour fraternel que tout deux partageaient auparavant, il semblait que celui-ci avait mué, tant le visage de la petite fille devenue jeune femme le troublait à l’instant.
Il aurait accepté tout ce que pouvait lui demander Thais.

-Que cache votre esprit bien trop éveillé, jeune demoiselle ?

-A d’autres je ne pourrais le dire, mais vous êtes mon ami, Gaspard.

Elle se tut un instant et reprit.

-Oncle Louis m’a dit peu avant que je parte qu’il avait crains l’épée de Robespierre pour son propre cœur, mais qu’il craignait à présent l’esprit de ce Buonaparté pour son âme. Sa prise de pouvoir le prouve, et bientôt, il étouffera la royauté en la gangrenant de l’intérieur.

-Je la crains également, Thaïs.

-Et bien, Gaspard. Voulez-vous m’aider à être le médecin qui amputera le membre gangréné, empêchant la maladie de se propager ?

Le regard brillant de Thaïs ne pouvait plus cacher tout le machiavélisme qu’il contenait.
Portant ses blanches mains à ses lèvres, Gaspard posa sur elle un regard fiévreux, échangeant un même sourire.

-Bien sûr, Thaïs. Je serais votre apothicaire, si telle est votre idée.

-Elle l’est.

-Demain, je vous présenterais à monsieur Daunou. Je suis certain qu’il vous appréciera.


***

-G
aspard, alors, que dit-on aujourd’hui ?

Passant son bras autours de celui du jeune homme, Thaïs posa sur lui un regard conquérant, celui d’une femme certaine de sa réussite.
Marchant lentement dans la galerie, elle adopta inconsciemment l’attitude à laquelle elle s’était habituée, ne montrant à ceux qui l’observaient que ce qu’il fallait montrer.

-Thaïs, vous êtes incorrigible, et bientôt j’en viendrais à vous gronder !

-Dites-moi, Gaspard !

-L’on dit que vous êtes la maîtresse de monsieur Savary !

La jeune femme étouffa un gloussement puis se reprenant, émis un petit toussotement de convenance.

-Vous n’y croyez point, je l’espère.

-Si je ne vous connaissais pas, je le croirais, tant vos manières à son encontre sont libres. Je suis étonné que nul n’ai encore songé à vous évincer.

-Gaspard, nous sommes peut-être dans un Empire, mais hommes et femmes ne changent pas. Je sais de quels charmes usaient les courtisanes qui ont eu leur gloire passée. L’art de la suggestion est difficile à manier, mais une fois acquis, c’est enfantin de simplicité !

Le jeune homme s’abstint de répondre et soupira silencieusement. Il avait accepté d’accompagner la jeune femme dans cette entreprise, et il savait que sans pouvoir politique – elle ne pouvait prétendre à être une Diane de Poitiers ! – seul le pouvoir de séduction ferait avancer ses manigances.
Il avait su dès l’instant où l’idée lui fut dévoilée que son cœur souffrirait d’aider la jeune femme dans cette entreprise.

-Gaspard, commença la jeune femme, le sortant de sa torpeur, qui est cet homme qui semble être un soudain centre d’intérêt ?

Le garçon posa son regard sur l’homme désigné, et son cœur se serra lourdement à cette vision.
L’amertume transpira dans sa voix.

-Il s’agit de l’ambassadeur de l’empereur aux Etats-Unis, Thaïs.

-Le détestez-vous autant, pour que votre voix soit si dure ?

-Votre sourire prouve que vous ne savez de qui il s’agit, petite comtesse !

-Aurais-je l’honneur de le savoir ?!

-On le nomme Louis-Marie Turreau de Garambouville.

Un silence pesant s’installa entre les jeunes gens, et Gaspard senti la main de son amie presser son bras trop fortement.
Thaïs, la respiration coupée par la surprise, sentit monter en elle ces bouffées de haine qu’elle camouflait depuis bien longtemps.

-L’ogre Turreau, Gaspard ?

-Lui-même.

-Cet homme a tué mon père.

-Lui-même ?

-Ou un autre. Qu’importe. Mon père est tombé sous la colonne qu’il dirigeait lui-même. Je le sais, Gaspard.

Le jeune homme ne su que répondre, mais doucement, pressa le bras de la jeune femme, afin de tourner les talons.

-Venez, Thaïs. Il est inutile de songer au mal qu’a fait cet homme. Concentrons-nous sur l’avenir, sur ce que nous avons à faire. Ce monstre repartira bientôt pour les Amériques, où il restera.

Sous l’insistance de son ami, Thaïs détourna les yeux de l’homme, mais Gaspard pu aisément lire tout l’écoeurement que ressentait la jeune femme, et devinait sans difficulté ce qui devait se tramer dans son esprit torturé.

-Je vous défends d’imaginer quelques plans qui pourraient le perdre, Thaïs. Vous êtes introduite dans cette cour ; l’empereur vous a redonné ce titre que vous portez depuis la naissance, et vous a fait comtesse d’Empire. Chacun vous croit ici aussi proche de cet empire que vous êtes en réalité royaliste. Ne gâchez rien, de grâce !

-Oui, Gaspard.

Soupirant à nouveau, le jeune homme ne préféra pas relever la fausseté dans la voix de la jeune femme.

« Qu’elle est belle quand coule son rimmel »

Imaginez une beauté simple et sans fards, d’une douceur incomparable. Telle est Thaïs au premier regard. On ne la dit pas belle, car son nez est un peu long, son visage un peu poupin, et ses lèvres peut-être trop rose, mais sa petite taille et ses formes bien faites la rendent charmantes, et séduisent innocemment les cœurs les plus fermés.
D’artifices, elle n’en n’use que lorsque le besoin se fait sentir. Peu amène à ces jeux de séduction, elle s’abstient de se dénaturer, et ne se sert de maquillage que pour mettre son teint pâle en valeur, et rehausser un charme naturel.

Mais sous un regard limpide et innocent peut se cacher un véritable petit démon. Son sourire carnassier, ses lueurs sombres dans son regard pourraient la faire craindre si elle ne savait les camoufler avec soin.

La voyez-vous, si attachante par ses regards simples, par cette allure néanmoins recherchée ? Ne vous y trompez pas ! Tout ceci n’est que façade, car au fond se terre la jeune femme indépendante qu’est Thaïs, et tout en elle reflète une éducation soignée et stricte, mais agrémentée de ces libertés provinciales.

Thaïs ne peut cependant cacher ses origines, et son maintien laisse aisément transparaître une éducation ancienne, basée sur de vieux préceptes en vigueur. Elle parlera doucement, ses gestes seront simples ou doux, mais emprunts de cette manière aristocratiques qui faisaient les courtisans du roi. De ses mains à son visage angélique, l’Ancien Régime s’inscrit sur ses traits plus qu’elle ne le souhaiterait.

Mais méfiez-vous de cette simplicité et de l’exquise comtesse. Elle recèle au fond d’elle des trésors de sournoiseries.

« Que vois-je, Madame, vous rendrais-je écarlate?»« J’avais rêvé d’une autre vie… »

Exquise, dites-vous ? Certes ! Mademoiselle de Langres est d’une simplicité déroutante, d’une franchise pourtant agréable, et son verbe est adorable. Elle ravit son entourage par ses bons mots et cette culture si vaste, et elle séduit quiconque lui demande un vers.

Mais grattez ce vernis empirique. Ôtez donc ce qui fait d’elle cette douce comtesse d’Empire, et laissez apparaître la comtesse de cette ancienne noblesse. Vous obtiendrez une femme fière, volontaire et déterminée.
Rien ne semblerait pouvoir mettre à mal des plans que les rouages de son cerveaux mettent en branle, sinon cette blessure qui a construit son caractère.

Sous cette force, elle cache une détresse, une perte de repères qu’elle ne pourra obtenir qu’en rétablissant la mémoire de sa famille.
Son histoire ne se base que sur ce qui a détruit une vie passée, un morceau d’elle resté à jamais en Anjou.

Nul ne peut deviner, en la voyant si affable, ce qu’a vécu l’enfant de dix ans qu’elle a été ; nul ne peut deviner que seule la prière et cette force lui permettent de ne pas se laisser guider par l’amertume et la rancœur. De ces gens qui la consolent de cette année qui fit basculer sa vie, nul ne peut imaginer ce qu’un regard d’enfant a vu, et ce que l’esprit en a conservé.

Si elle doute parfois du bien fondé de ses manigances, elle sait que cela lui évite de sombrer, et de ressasser sans cesse des souvenirs qu’elle n’aura jamais : ceux d’une famille unie.
A ses côtés, seuls son oncle et Gaspard savent la détourner de ses noirs desseins, et la remettre dans un chemin honnête.

Si tout était à refaire ? Elle-même ne sait ce qu’elle souhaiterait. Elle ne sait pas même si cette monarchie qu’elle soutiendra jusqu’à son dernier souffle pourra renaître un jour. Ses doutes, seuls ces deux hommes les connaissent, et l’aident à les camoufler, afin de n’être pour ce monde extérieur que la comtesse de Langres, l’une des plus adorables comtesses que l’Empire compte.

Les tuileries vous attendent, aurez-vous le courage de vous y rendre?

« Ange ou libertine? »

Côtoyer les Grands de ce monde impose une règle que nul ne peut remettre en question. Ces convenances, la jeune femme s’y prête par besoin, et non par plaisir.
Des ailes ? Elle en porte peut-être, mais seul Gaspard ou son oncle sauraient y voir leur noirceur, tandis que le public n’aperçoit que l’apparence, et la candeur de la jeune femme.
Mais si tout laisse à songer à l’innocence de la comtesse, certains espèrent un jour voir ce voile tomber, quand d’autres le croient déjà.

La suggestion est mère de tous les vices, pourrait-elle prétendre. Elle sait jouer avec les apparences à la perfection, et sans que jamais sa vertu ne soit compromise, on lui prête de nombreux amants, aux noms les plus fantasques et les plus grands.
Elle sait combien ces suggestions attisent les jalousies, et à cette seule idées, le cœur de la jeune femme s’emballe sous la réussite de ses plans.

« Royaume ou Empire? »

Diable ! Cette femme, cette jeune fille si charmante, qui comblent tous les puissants de l’Empire n’est qu’à Napoléon lui-même ! Certains osent d’ailleurs demander quel soir de la jeune femme sera offert à l’empereur !
Mais ôtez le masque, messieurs, mesdames ou mesdemoiselles ! Voyez quel esprit royaliste se terre sous ses fards sentant l’Empire !
La jeune femme ne vit que pour un roi, pour un Bourbon, et ne rêve que de voir le benjamin monter sur le trône.

Elle sait que servir le roi est servir le cadet du roi Louis XVI, mais malgré les rancœurs ressenties à son encontre, elle ne peut que soutenir le comte d’Artois. Ce comte de Provence est certes légitime, mais son cœur ne parvient à s’allier à ce nom.

«Fidèle ou comploteuse?»

On aura aisément compris quel masque porte la jeune femme. Ainsi, sous cet air de fidèle à Napoléon, et malgré tous les éloges qu’elle lui porte, elle ne peut s’empêcher de haïr cet homme. Non pas pour ce qu’il est, mais parce qu’il est le symbole de ce qu’elle veut détruire.

Elle ne niera jamais les qualités d’un ennemi, et reconnaît l’intelligence de celui-ci. Sans réellement comploter avec force d’espions, elle a ses propres plans, ses propres envies, et dans cette fierté, n’a jamais songé à rallier la cause ouvertement royaliste.
Elle ne veut se voir découverte, et sans l’avouer clairement, ce jeu de dupes l’amuse de plus en plus.

Mais poussée par ce mentor qu’est son oncle, elle songe à prendre contact avec ces réseaux royalistes, se refusant cependant toujours à voir le sang se verser.

Une guerre tactique.

Pardonnez-moi, je n’ai pas bien saisi.

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Secrets: J'aime comme un fou la femme que j'ai poussée dans les bras de mon pire ennemi.
MessageSujet: Re: Thaïs de Langres   Lun 16 Aoû - 9:56

Mademoiselle de Langres,

Je suis très heureux de vous accueillir au Bal de l'Empire et de vous compter parmi les dignes et fiers descendant du véritable pouvoir. Votre loyauté envers la monarchie m'est réconfortante. Votre présentation est absolument impeccable et votre talent d'écrivaine ainsi que vos connaissances vous seront de précieux outils parmi nous. Mais plus que tout, vous êtes agréable à lire et votre histoire laisse présager des sujets palpitants, remplis d'action et d'une imagination débordante.

Bienvenue, votre présentation est validée avec plaisir !

Charles
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MessageSujet: Re: Thaïs de Langres   Lun 16 Aoû - 10:05

Je ne saurais comment vous remercier pour cette confiance que vous m'accordez, monseigneur What a Face


Merci pour ma fiche Embarassed (et merci Wiki, je dois avouer, pour certaines dates ^^)
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MessageSujet: Re: Thaïs de Langres   

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