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 Intrigue I : La Guerre par l'Amour.

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Feuille de personnage
Désirs: Avouer mon terrible secret à Mademoiselle de Manseau...
Secrets: J'aime comme un fou la femme que j'ai poussée dans les bras de mon pire ennemi.
MessageSujet: Intrigue I : La Guerre par l'Amour.    Mer 25 Aoû - 12:09

Wrong Time, Wrong Place...
Son cœur battait la chamade, alors qu’elle appliquait toute la force de sa concentration à rester complètement immobile, complètement silencieuse. Elle respirait à peine, trop terrifiée à l’idée de ce qui pourrait lui arriver si on la savait là. Les lumières vacillantes des bougies à l’extérieur découpaient une série de lignes horizontales sur la mousseline de sa robe. L’espace était extrêmement restreint, et elle devait fermer les yeux et prier pour éviter de souffrir de claustrophobie. Les mots qui résonnaient dans la pièce atteignaient ses oreilles en une mélodie fluide et frappaient pourtant son cerveau par coups mats, durs, terribles.

* Faites qu’ils partent au plus vite… Faites qu’ils ne me découvrent pas! *

Les deux protagonistes étaient confortablement calés dans le velours rouge framboise d’une bergère à dos creux et d’un canapé incroyablement court sur pattes. C’était la femme qui avait pris place sur le canapé, et elle avait remonté ses jambes sur le côté de façon à être accoudée sur le bras du meuble, la tête reposant dans le creux de sa main. L’homme était adossé et tenait un verre de whisky, dont il avalait une gorgée toutes les deux minutes. Il était face à elle. Elle, dans la penderie. Elle distinguait très clairement ses traits… mais pire que tout, elle les reconnaissait. Elle avait vu cet homme plusieurs fois auparavant, sinon en personne, souvent dans les tracts et les pamphlets propagandistes.

Mais comment avait-elle pu se retrouver dans pareille situation! Elle n’était pas sensée se trouver là. Personne n’était sensé assister à cet échange. Elle savait que l’homme qu’elle aimait lui était infidèle et elle avait simplement voulu le prendre en flagrant délit, sachant qu’il retrouvait sa maîtresse dans les salons de la taverne de l’Aigle. Elle s’y était rendu, avait soudoyé une serveuse pour savoir dans quel salon son homme avait l’habitude de se rendre, et elle était montée pour se cacher dans la penderie. Elle avait attendu que son mari arrive et avait failli faire une crise cardiaque quand la porte s’était ouverte, mais son mari n’était pas entré. Deux silhouettes encapuchonnées s’étaient plutôt installées dans le salon, silencieusement, attendant sans doute quelque chose. C’était à cet instant qu’elle avait réalisé la monstrueuse erreur qui l’avait conduite ici. Son mari ne rencontrait pas sa maîtresse ici, c’était clair… mais plutôt à la Maison Dussault, à quelques coins de rue, comme elle l’avait toujours cru. Plus tôt dans la journée, elle avait fait part de ses soupçons à une amie et lui avait raconté qu’elle planifiait surprendre son mari en flagrant délit.

Brusquement, tout s’était éclairé. C’était elle, la maîtresse de son mari! Elle lui avait dit qu’elle savait que ce dernier rencontrait son amante à la taverne de l’Aigle uniquement pour l’éloigner, pour ne pas qu’elle les surprenne, pour qu’ils puissent se rire d’elle dans leur chambre chez la Dussault pendant qu’elle se ridiculiserait ici!

Et elle se retrouvait maintenant le témoin involontaire d’une conversation de la plus haute importance. L’homme qu’elle avait en face d’elle, dont elle redoutait de croiser le regard, n’était nul autre que Charles-Philippe d’Artois, le frère de Louis XVI, le chef des Ultras Royalistes. L’ennemi juré de Napoléon Bonaparte, qui avait juré de faire tomber l’Aigle et tous ses partisans avec lui. S’il fallait que l’Empire s’effondre, elle qui avait tout gagné de ce régime perdrait automatiquement tout… et probablement aussi la vie. La femme qui discutait avec lui se prénommait Zoé.

- Très chère Zoé… elle sera parfaite, croyez-moi. Mon fils me l’a assuré.
- Il faut plus qu’une femme parfaite pour détruire l’Empereur, vous le savez aussi bien que moi, Monsieur le comte.
- Elle peut le faire.
- Si, après cette rencontre, vous ne la jugez pas apte, vous savez qu’il nous faudra la tuer.
- Oui, Zoé. Ce ne sera pas la première fois.

Ces paroles lui avaient glacé le sang. S’ils découvraient qu’elle était témoin de leur conversation, ils la tueraient elle aussi!

La porte s’ouvrit alors, laissant passer deux autres silhouettes dont le visage était dissimulé. La première, masculine, se dévêtit rapidement. Elle n’avait jamais vu ce visage, mais comprit qu’il devait s’agir du fils du comte d’Artois, le duc de Berry. Une femme le suivait. Elle était magnifique, sublime. Tous avaient un air très sérieux. Elle cessa d’écouter tant sa concentration était portée sur l’importance de ne faire aucun son. Mais elle put saisir l’essentiel. Tuer l’Empereur. De l’intérieur. Une guerre subtile, une guerre sans violence. Une guerre non déclarée. Une infiltration. La fin de l’Empire.

Le plan avait l’air parfait et à voir à quelle femme ils avaient fait appel, elle n’avait aucun doute que l’Empereur tomberait dans le piège. Il fallait à tout prix qu’elle dénonce cette infamie! Qu’elle protège l’Empire, qu’elle se protège, elle!

Son cœur battait si fort qu’elle avait du mal à tenir son équilibre. Une latte craqua. Les quatre visages se tournèrent vers elle en un même mouvement terrifiant. Le temps sembla s’allonger alors que le duc de Berry se levait, s’avançait vers la penderie, ouvrait la porte, l’apercevait. Elle croisa son regard et y lut l’incompréhension, la colère, et la tristesse… La femme, Zoé, se leva à son tour, s’approcha d’elle, se pencha à sa hauteur.

- Je suis désolée pour vous, madame la comtesse. Désolée que ce titre vous ait été octroyé par l’ogre corse.
La comtesse de Sussy sentit une brûlure lui incendier la gorge, alors que la lame pénétrait sa chair et perçait les flots de sa vie.

Vive la France! Vive Napoléon!
Paris, Janvier 1806. Napoléon est de retour aux Tuileries, auréolé de gloire, vainqueur de la campagne d’Autriche. L’Empire est à son apogée et le peuple est en effervescence; les soldats sont de retour de la guerre, en permission pour le traité, Bonaparte est rentré et les étrangers affluent dans la ville pour profiter de la capitale culturelle et mondiale qu’est devenue Paris.

Les nobles assistent aux opéras, aux pièces de théâtre, aux pique-niques, aux bals, aux dîners… les activités de la vie mondaine sont nombreuses et les femmes comme les hommes ne s’ennuient pas. Dans cette France impériale dont la noblesse fut acquise par le prix du mérite et par le sang révolutionnaire, jamais français ne fut plus fière de sa patrie, de sa gloire et du rayonnement de sa réussite de par le monde. On crie allègrement dans les rues « Vive la France! Vive Napoléon! » et l’on loue ses exploits dans toutes les occasions. Le général corse est un génie militaire, mais il est aussi un souverain dont se souviendra le monde entier pour des décennies.

Évidemment, tel n’est pas l’avis de tous mais en cette période festive, nul impérialiste ne se méfie. La menace royaliste pèse moins sous la fébrilité du retour des troupes et chacun s’emploie à fabriquer son propre bonheur, plus ou moins occupé à se soucier de ces monarques des temps anciens, décapités de leur gloire. Pourtant, les royalistes et les ultras sont là, tapis dans l’ombre, attendant l’occasion de reprendre le pouvoir par la force, de renverser l’Empire et de restaurer la monarchie.

Et c’est avec l’aide de Gabrielle de Manseau qu’ils comptent y arriver.
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