Une nuit seulement suffirait? Qui est assez sot pour croire à cela?

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
avatar
Tell me who you are...
Messages : 244
Date d'inscription : 27/04/2010

Feuille de personnage
Désirs: Ma jeune maîtresse sous moi....
Secrets: Je pense malheureusement à répudier de ma femme...
MessageSujet: Une nuit seulement suffirait? Qui est assez sot pour croire à cela?   Lun 30 Aoû - 6:45


Les rendez-vous secrets sont les meilleurs,
car leur bonheur n'est partagé que par les deux personnes
qui ont eu l'audace de se rencontrer seul à seul .


-Mon ami, mon ami, je t’en prie, viens avec nous.

-Joséphine, je te l’ai dit mille fois et je vais encore te le répéter, je ne viens pas à l’Opéra, ce soir.

-Mais tu avais promis, Bonaparte!

-Je m’en fiche bien! Je romps ma promesse. Voilà tu es contente! Maintenant, file, tu vas être en retard.

Napoléon regarda le visage de son épouse. Il aimait bien deviner le moment exact où elle allait se mettre à pleurer. Évidemment, il détestait lorsqu’elle fondait en larmes. Il était bien capable de tout lui accorder dans ces moments-là. Car l’Impératrice avait hérité la sensibilité des romantiques. Elle pleurait et sanglotait pour un tout ou un rien. C’était une partie de son charme lorsqu’ils étaient nouveaux mariés. Maintenant, avec le temps, Napoléon s’endurcissait et résistait de mieux en mieux aux crises de l’Impératrice. Cette dernière devait donc redoubler d’efforts pour obtenir le même résultat qu’au temps de la campagne d’Italie. Joséphine devina probablement les pensées de son mari, car elle se contenta d’un regard hautain et d’un petit gémissement étouffé avant de partir de la pièce, traînant sa lourde cape derrière elle. L’Empereur la regarda partir et eut un petit sourire aux lèvres. Il connaissait si bien son épouse qu’il n’était guère difficile de deviner ce qu’elle allait faire: fondre en larmes factices dans les bras de sa fille. Tant pis pour elle! Pour ce soir, l’Empereur avait d’autres plans.

D’ailleurs, même s’il ignorait si son habile stratagème allait fonctionner, il voyait de bons présages. En bon Corse, il leur accordait grande importance. Sa femme sortait à l’Opéra un soir où la routine aurait voulu qu’elle fasse un cercle dans ses appartements, il n’y avait aucun bal aux Tuileries et Constant avait dit à son maître que la personne centrale de ses plans avait bien réagi à l’arrivée de la missive. Évidemment, pour Constant, cela voulait dire tout ou rien. Mais bon, Napoléon était tenté de croire que tout s’annonçait rondement.

Elle allait venir, c’était certain. Depuis qu’il l’avait connu, ou plutôt aperçu, dans les couloirs des Tuileries, il en devenait fou. Lui, qui était habitué à ce que les femmes lèvent leurs jupes dès qu’il leur a jeté un œil, se trouvait troublé devant cette orgueilleuse jeune femme aux épais cheveux fauve dont semblait émaner une odeur aussi séduisante qu’entêtante. Elle ne semblait avoir de prise sur cette terre qu’avec ces beaux pieds. Le reste de son corps semblait flotter dans un autre univers. Cette Gabrielle de Manseau, Napoléon la voulait, et il l’aurait! Elle ne semblait même pas l’apercevoir, mais pourtant, elle acceptait de se rendre nuitamment dans les appartements de l’Empereur. Oui, tout cela avançait fichtrement bien!

Napoléon sourit dans le vide et s’avança vers son bureau, lisant le rapport que Gaudin lui avait apporté. Mais il devait bien admettre qu’il ne voyait les lettres que d’une manière floue. Devant ses yeux se balançait l’image de cette Gabrielle! Une fois qu’il l’aurait baisée, cette obsession disparaîtrait. Et il n’était pas question qu’elle se défile, cette petite! C’était ainsi pour la plupart des femmes. Napoléon les désirait, évidemment, il les obtenait et son envie d’elle s’évanouissait. C’est à peine s’il les reconnaissait le lendemain lorsqu’elles le saluaient d’un air coquin dans la salle du trône. Alors Napoléon se retournait vers la personne qui l’accompagnait, que ce soit Murat ou Joseph et lui disait, assez fort pour que la concernée l’entende :

-Mais la fille du général est une dévergondée. Vous avez vu comment elle m’a regardé. Envoyez-moi cela au couvent!

Et c’est là que la demoiselle réalisait qu’il valait mieux ne pas ouvrir ses jambes à l’Aigle, aussi câlin fût-il durant la nuit. Il espérait que cela soit pareil avec Gabrielle. Elle était charmante, séduisante, sensuelle. Il ne la connaissait pas, il pourrait facilement s’en défaire. Il s’agissait seulement qu’elle vienne ce soir.

Eh! Merde! Concentration! Les yeux bleu foncé de l’Empereur se fixèrent à nouveau sur le rapport. Mais pour l’instant, les finances de la France semblaient la chose la moins importante au monde. C’était assez rare que l’Empereur se laisse absorber ainsi par des pensées personnelles. Il décida donc de laisser son cabinet et d’aller prendre un bain.

Constant avait apparemment prévu le cheminement d’esprit de son maître, car le bain impérial était prêt et brûlant comme l’Empereur les aimait. Il se déshabilla et s’y glissa. Prenant de 2 à 4 bains par jour, Napoléon était certainement l’homme le plus propre de l’Empire. Cette hygiène frisait l’obsession. À chaque fois, il y avait récurage de la peau, entretien des ongles, parfum. Rien n’était négligé. C’était d’ailleurs une des rares fois où l’Empereur ne lisait pas un journal ou un rapport dans le bain. Dans son état d’esprit actuel, il se dépêcha même de se laver. Si jamais elle arrivait alors qu’il était dans le bain! Il sortit du bain sans que son valet eût le temps de venir ramasser ses vêtements. C’est pourquoi il trébucha dans son gilet. Empêtré, il glissa et se rattrapa de justesse à une commode.

-Basta! Constant! Si vous êtes incapable de faire votre travail comme il se doit, je vous renvoie! Vous n’avez qu’à le dire! Vous m’imaginez, moi, le cou tordu contre le sol de ma salle de bains? Ah! C’est la France qui aurait bien été contente! Qu’aurait-on fait? Installer Napoléon-Charles sur le trône! Ha! La belle inconséquence! Allez! Ramassez-moi tout ce foutoir et tâchez de préparer mon lit pour l’arrivée de mademoiselle de Manseau!

Le premier valet de Sa Majesté préférait ne rien répliquer. Quand il était dans cet état, valait mieux obéir et se taire. C’était les femmes seulement qui mettaient l’Empereur dans une telle nervosité. Qu’il ait un rendez-vous avec le Tsar de Russie, il n’y changeait rien et arriverait même en retard sans s’excuser, mais lorsqu’une femme était prévue dans l’horaire, tout était chamboulé. Mais encore, l’anxiété de Sa Majesté atteignait des records, ce soir.

L’Empereur s'habilla d’une culotte de daim noire et d’une simple chemise. D’ailleurs, ce ne serait pas très grave. Dans peu de temps, il allait les enlever… Il tenta de se donner un air occupé en lisant un livre quelconque qui traînait. Il était si distrait qu’il ne remarqua même pas ce qu’il tenait entre les mains.

-Constant! Quand mademoiselle de Manseau arrivera, amenez-la ici immédiatement.

Tout ce qu’il espérait était d’avoir la tête sèche pour son arrivée!
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Tell me who you are...
Messages : 82
Date d'inscription : 14/08/2010
Age : 28
Localisation : Jamais très loin...

Feuille de personnage
Désirs: Réussir ma mission et mener une vie normale
Secrets: Entre les deux ennemis, mon coeur balance.
MessageSujet: Re: Une nuit seulement suffirait? Qui est assez sot pour croire à cela?   Lun 30 Aoû - 12:04

Confortablement installée dans sa baignoire de cuivre, Gabrielle lisait à nouveau la missive qui lui était parvenue un peu plus tôt dans la soirée. D’une écriture impeccable, l’empereur lui-même l’invitait à le rejoindre dans ses appartements en début de nuit. Et s’il ne fallait pas être devin pour comprendre quelles étaient ses intentions, Gabrielle n’en était pas moins une femme sachant comment se faire désirer.
Cette invitation, cette clé, elle avait durement travaillé pour l’obtenir. Mais à présent qu’elle les tenait entre ses doigts pâles, il lui semblait qu’une partie de son cœur avait été détournée par le charme qui émane de cet homme. Et autant dire qu’à présent, elle se sentait bien souvent tiraillée entre ses idéaux, son devoir mais surtout deux hommes. L’un d’eux n’était autre que Napoléon, homme qu’elle avait eu pour mission de séduire dans le seul but de le frapper de l’intérieur. Et le second, le duc de Berry. Elle s’était efforcée de l’oublier, de le rejeter même. Mais rien n’y avait fait. Et ironiquement, seule des rendez-vous en rapport avec sa mission lui permettait encore d’avoir l’occasion de discuter avec lui. Trahir un homme pour l’autre était donc devenu sa réalité… Mais lequel choisirait-elle ?
Soupirant, elle décida qu’il n’était pas temps pour elle de se torturer l’esprit avec cela. En ce moment précis, elle allait continuer sur sa lancée et déciderait en temps voulu.
Observant à nouveau la clé qui lui avait été envoyé en même temps, elle sourit. Combien de femme avant elle ne l’avait pas reçue dans de pareilles circonstances ? Combien de ses femmes n’avaient pas pensé entrer dans l’intimité de l’empereur en croyant ne jamais en ressortir ? Et combien d’entre elles n’avaient pas été abandonnée dès le lendemain ?
La reposant, la jeune femme sut immédiatement où elle placerait l’objet afin que personne ne la découvre. Elle la rangerait, ou plutôt la coincerait dans son décolleté. Elle avait beau ne pas posséder la poitrine la plus affriolante de l’empire, elle savait comment l’utiliser et la mettre en valeur…

Et en parlant de prendre soin de son image, il était grand temps qu’elle se prépare si elle voulait être prête à temps. Rangeant la lettre sur la tablette qui se trouvait à côté d’elle, la jeune femme finit sa toilette. Puis, se redressant de toute sa hauteur, elle sortit et enfila un peignoir. Que mettait-on pour rejoindre un homme dans sa chambre ? Pour le premier, elle s’était rendue en petite tenue, mais pouvait-elle vraiment traverser le château en robe de chambre ? Non, et d’ailleurs, si l’empereur s’y prenait mal ou si Gabrielle sentait qu’il devait en être autrement, il ne la verrait que dans une seule tenue, celle de son arrivée. Alors, autant que ce soit une jolie robe…
Se dirigeant vers sa garde robe, elle fit le tour de ses tenues jusqu’à ce qu’elle arrête son choix sur l’une d’entre elle. Dans les tons bleu pâles, le corset était relevé par des broderies de couleur gris argentée. Quant au jupon, il s’agissait de mousseline simple tombant avec finesse. Avec habileté, la jeune femme enfila le vêtement puis se rendit devant sa coiffeuse. Pour ce soir, elle ne porterait pas de bijou quand à ses cheveux, elle ne ferait que les remonter afin de découvrir son cou de cygne. De cette manière, elle ferait apprêtée sans pour autant ressembler à toutes les concubines du château. Non, elle ne voulait pas qu’en la regardant, Napoléon voit une copie de toutes ses maîtresses. Elle serait un challenge, un trophée ou rien du tout. Car pour l’avoir, il devrait quand même montrer sa détermination… C’était plus amusant pour elle et peut-être même pour lui…

Quand enfin il fut temps pour elle de quitter sa chambre, Gabrielle avait eut le temps de maquiller avec légèreté, juste pour faire ressortir sa beauté naturelle. Et si la tension lui nouait l’estomac, elle n’en laissait rien paraître. Ce soir, c’était une étape importante pour elle, une étape qui marquerait pour toujours la suite des évènements…

Traversant discrètement les couloirs, la jeune femme se remémora l’emploie du temps de la cour. Our ce soir, nul bal de prévu. Ce qui expliquait le calme qui régnait dans les couloirs. Non, une grande partie de la cour devait avoir suivit l’impératrice à l’opéra qui se jouait ce soir. Après tout, quel meilleur moyen de montrer sa valeur qu’en partageant les mêmes centres d’intérêt que la vieille. En ce qui la concernait, Gabrielle ne s’y serait probablement pas rendue, premièrement parce que l’impératrice n’était pas sa « cible » et deuxièmement, parce qu’elle représentait tout ce que Gabrielle abhorrait dans l’empire. Cette femme n’était qu’une profiteuse, qui dépensait à outrance sans jamais s’inquiéter de la provenance de l’argent. Et surtout, elle était encore un énorme barrage dans les projets de la jeune femme.

Au fil de ses pensées, la jeune femme se rendit compte qu’elle avait traversé les tuileries et se trouvait à présent à l’entrée des appartements de l’empereur. Tandis que sa respiration se faisait plus rapide, elle sentit le métal de la clé lui brûler la peau tendre de sa poitrine. A présent, plus de retour en arrière possible, sous peine de ne plus jamais approcher d’aussi prêt, l’Aigle.Mais que devait-elle faire ? Frapper pour prévenir de son arrivée ? Ou glisser la clé dans la fente et entrer sans plus de prélude…
Décidant de jouer sur sa spontanéité, Gabrielle se dit que Napoléon savait qu’elle allait arriver et peut-être même l’attendait-il… Après tout, il était pile l’heure dite dans la missive. Frappant deux coups discrets, juste au cas où, elle fit son entrée…

Jamais elle n’était entrée dans cette partie de Tuileries. Et sin son regard ne captait que des beautés en tout genre, ce fut l’arrivée d’un valet qui la surpris le plus. Bien que l’empereur en ait fait mention dans a lettre, c’était un détail auquel elle n’avait prêté que peu d’attention. Aussi l’avait elle tout simplement oublié…
Elle qui croyait ne rencontrer personne d’autre que l’empereur se retrouvait face à un homme tout autre. Le visage sérieux laissait entrevoir une routine bien calculée dans les gestes de cet homme. Il devait sans doute être témoin de bien des visites en ces lieux, peut-être même venait-il à chaque fois à la rencontre des personnes qu’attendait l’empereur… Et bien, s’il existait quelqu’un qui en connaissait trop sur l’empereur et ses conquêtes ce devait être lui.
Et si Gabrielle aurait préféré ne rencontrer personne, elle devait bien admettre qu’un guide ne serait pas de trop. De plus, il la ferait entrer ce qui lui éviterait de se demander de quelle manière elle s’y prendrait pour le faire seule.

Après l’avoir saluée avec politesse, il lui annonça qu’elle était attendue et qu’il allait la conduire à Napoléon. D’un petit signe de tête, elle acquiesça et lui emboita la marche. Si de l’extérieur elle semblait tout à fait sur d’elle, sous sa jupe, ses jambes tremblaient à l’unisson. Ce premier contact lui faisait peur. Comment s’y prendrait-elle avec lui ? Et lui, qu’attendait-il exactement ? Oh, bien sûr, elle ne se faisait pas d’illusion, il la voulait dans son lit… Mais pour être une bonne maîtresse, il y avait toujours plus à savoir… Inspirant profondément, elle calma le rythme effréné de son cœur et reprit un peu de contenance. Elle avait un rôle, il lui suffisait de s’y tenir.

Quand enfin le voyage se termina, le valet entra dans une pièce et lui fit signe de le suivre. Et tandis qu’il s’inclinait, Gabrielle vit assit un peu plus loin l’homme qu’elle était venue rejoindre. Il lui tournait le dos, mais il était aisé de deviner un livre entre ses mains. Habillé d’une chemise toute simple, Gabrielle put tout aussi aisément deviner son puissant torse se dessiner sous le tissu.


- Sire, mademoiselle de Manseau est arrivée...

Arrachant la jeune femme à sa contemplation par ces simples paroles, Gabrielle tourna vers lui un regard surpris. Elle avait déjà oublié sa présence, trop occupée à laisser son regard redessiner les formes de l’empereur. Puis avec discrétion, il repartit en fermant les portes derrière lui. Laissant Gabrielle seule face à l’un des seuls hommes qui l’intimidait encore.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Tell me who you are...
Messages : 244
Date d'inscription : 27/04/2010

Feuille de personnage
Désirs: Ma jeune maîtresse sous moi....
Secrets: Je pense malheureusement à répudier de ma femme...
MessageSujet: Re: Une nuit seulement suffirait? Qui est assez sot pour croire à cela?   Mer 8 Sep - 12:18


Un mot à la fois, Napoléon tentait de décoder les lettres qui s’alignaient devant lui. Étrangement, il n’y arrivait pas. L’ennui, c’était qu’il savait pourquoi et c’était cette connaissance qui le rendait fou. Dans ses vêtements simples, il attendait. Et il était extrêmement rare que l’Empereur attende quelqu’un. Habituellement, il faisait attendre les gens. Mais il devait admettre que d’une manière ou d’une autre, attendre Gabrielle de Manseau lui était doux. Il pianotait sur le livre sans vraiment se rendre compte de ce qu’il faisait. Napoléon aurait voulu être derrière son bureau à signer diverses ordonnances lorsqu’elle arriverait. Il l’aurait faite maintenir en révérence pendant de longues minutes. Le sang lui monterait à la tête et elle s’évanouirait. Napoléon pourrait alors profiter d’elle autant qu’il le désirait. Pourtant, il n’était pas capable de se concentrer. Il savait que s’il avait Gabrielle devant lui, il ne tiendrait plus... Et d’ailleurs, l’Empereur savait qu’aucune femme lui résistait. Il était Empereur, rien ne lui résistait, pas le tsar, pas les rois, alors pourquoi une faible femme s’encombrerait de convenances devant l’homme qui dominait l’Europe.

Pourtant quand la voix de Constant résonna, Napoléon sursauta presque et dut prendre une grande respiration avant de se lever. Il mit sa main dans ses cheveux, comme s’il était timide, mais Dieu savait combien il ne l’était pas et s’avança vers Gabrielle.

Ses longs cheveux couleur de fauve brillait sous la lumière des chandelles. Ces dernières créaient des ombres magnifiques sur sa peau, lui donnant un air irréel. Sa robe était simple, tout en disant des milliers de choses que sa bouche semblait taire. Elle était encore plus belle dans le noir, lorsqu’il était le seul à la voir. À l’instant, où il s’avança vers elle, il se demanda si elle était toujours vierge. Peut-être parce qu’il était militaire, il aimait bien conquérir des territoires inexplorés. Mais elle était là, c’était le plus important.

Il lui tendit la main.

-Je suis bien heureux que vous soyez venue, mademoiselle. J’avais peur que vous ayez trop de pudeur pour venir. Approchez-vous, je vous en prie. Prenez place.

Il s’assit dans le fauteuil sur lequel il l’attendait quelques minutes auparavant. Il la fixait sans pouvoir dire un mot. Pourtant, l’Empereur savait que son visage gardait une image imperturbable d’un homme qui avait mille choses plus importantes à faire que de recevoir une demoiselle. Alors que ses yeux se fixaient sur le cou de Gabrielle, Napoléon ne pouvait s’empêcher dans un coin de sa tête à sa rencontre avec Talleyrand demain. Il était Empereur avant tout, homme ensuite. Cependant, il ignorait totalement que ce qu’il était en train de faire condamnerait peut-être l’Empereur.

-Prendrez-vous un petit verre? Constant!

Le silence seulement lui répondit. Il ne fallait pas qu’il soit déjà parti, celui-là. Il cria encore une fois son nom. Le valet apparut comme par magie, se matérialisant derrière eux. Napoléon, qui était habitué à la manière silencieuse de se déplacer de son valet, n’en parut pas surpris.

-Constant, mon Chambertin!

Mais en disant cela, il fit signe à son valet d’approcher. Le fidèle serviteur se pencha afin d’entendre ce que son maître voulait lui chuchoter à l’oreille.

-Veillez à ce que personne ne nous dérange, mon cher Constant. Si vous attendez crier, faites comme si de rien n’était.

Gabrielle ne pouvait pas entendre, mais si elle avait eu des oreilles d’animal, la peur aurait certainement eu raison d’elle. Mais pour Napoléon, il n’y avait pas de demi-mesure. Il voulait Gabrielle et il ferait tout pour l’obtenir. L’ennui était que la demoiselle qui était devant lui ne semblait pas comme ces bécasses qu’il pouvait prendre derrière un rideau. Elle semblait fière et orgueilleuse. Il ne serait pas étonnant qu’elle lui demande diverses preuves de sa bonne foi. Napoléon s’en foutait bien. Il pourrait lui donner autant d’or qu’elle voulait... Pourtant, l’Empereur doutait de cette méthode. Elle serait du genre à être vexée.

-Ah et à la guerre comme à la guerre, se dit-il mentalement avant de se lever et de marcher vers Gabrielle.

Il s’assit sur le rebord du fauteuil où elle était. Sa main folâtra un instant sur les motifs du divan, avant de glisser sur le bras de Gabrielle.

-Ma chère, vous n’êtes pas sans savoir l’effet que vous me faites et je crois même que c’est le résultat que vous souhaitiez. D'ailleurs, si vous êtes ici à cette heure tardive, c'est que vous savez très bien de quoi je veux parler. Je suggères donc qu’on s’y mette tout de suite.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Tell me who you are...
Messages : 82
Date d'inscription : 14/08/2010
Age : 28
Localisation : Jamais très loin...

Feuille de personnage
Désirs: Réussir ma mission et mener une vie normale
Secrets: Entre les deux ennemis, mon coeur balance.
MessageSujet: Re: Une nuit seulement suffirait? Qui est assez sot pour croire à cela?   Lun 13 Sep - 0:45

Gabrielle se tenait devant la porte, bien droite, telle une guerrière venue combattre pour la liberté de son peuple. Cependant, si elle se donnait l’air d’une femme sûre d’elle et sans peur, en son cœur, des émotions tout autres se mêlaient. Mais la plus importante était son envie de fuir… Retrouver l’innocence de l’enfance, retrouver Philippe, son frère…
Mais tout cela était impossible, d’ailleurs, si aujourd’hui, elle était ce qu’elle était, c’était bien en souvenir de son frère. Elle devait donc être courageuse…

Quand enfin l’empereur se détourna des papiers qui lui faisaient face pour venir à sa rencontre, Gabrielle se fendit en une révérence gracieuse. Loin d’être idiote, elle ne doutait absolument pas que le code était toujours de règle, même à ce moment précis. Ils n’étaient pas encore seuls et ne partageaient pas encore de réelle intimité…

Entrée dans la cage du fauve, Gabrielle n’avait eu d’yeux que pour lui, à présent, elle s’en rendait compte.
Si jusqu’alors, elle s’était contentée de l’observer de loin, maintenant, elle pouvait le voir de près, et même très bientôt de très près…
Mais si sa présence si proche ne lui était pas étrangère, la nouvelle intimité dans laquelle elle venait d’être plongée avec lui, lui faisait l’effet d’un sceau d’eau glacée qu’on lui aurait versé sur la tête. Toute l’aura de cet homme semblait à présent se déverser dans la pièce et l’engloutir.
On l’appelait l’Aigle, mais à ce moment précis, il lui faisait plus penser à un félin. Elle aurait choisit le lion, en tant que roi de la savane, si la panthère ne lui avait pas semblée plus appropriée car plus majestueuse à ses yeux. Était-ce sa démarche ou la faim qui se lisait dans son regard ? Gabrielle n’aurait sut le dire, mais si elle était parvenue à rester digne face à lui, son cœur s’était emballé. Comme l’aurait fait celui d’un petit lapereau prit en chasse.

Tandis qu’il approchait, la jeune femme calma son rythme cardiaque en inspirant calmement, de l’air frais. C’était important pour elle de ne rien laisser passer. Et lorsqu’elle prit la main que l’empereur lui tendait, Gabrielle était tout à fait maître d’elle-même. Laissant son regard se poser dans l’infinité bleue des yeux de l’homme qui lui faisait face, elle sentit qu’à partir de maintenant, et jusqu’à la fin de cette nuit, il n’y aurait plus rien en dehors de Napoléon et elle. Tout le reste ne reprendrait vie qu’en passant la porte par laquelle elle était entrée…


- " Je suis bien heureux que vous soyez venue, mademoiselle. J’avais peur que vous ayez trop de pudeur pour venir. Approchez-vous, je vous en prie. Prenez place."

Avec un sourire tendre, Gabrielle accueillit les paroles de l’empereur d’un hochement de la tête qui indiquait clairement que le plaisir était partagé. Elle devait bien l’admettre, il savait manier les mots. Le suivant sans quitter son visage des yeux, la jeune femme sentit que toutes ses résolutions sombraient petit à petit aux oubliettes. Premièrement parce qu’il n’était pas homme à souffrir un refus, elle ne quitterait donc jamais cette chambre sans être passée au préalable sous les draps de son lit. Deuxièmement, il lui semblait qu’à présent, elle voguait sur une mer bien inconnue. En effet, elle ignorait tout de la marche à suivre. Or, elle ne devait pas échouer… Et enfin, troisièmement, elle n’était même plus certaine de vouloir lui refuser quoi que ce soit. Peut-être même que des deux, elle serait la première à s’abandonner aux mains experte de l’empereur.
Pourtant, si elle sentait sa détermination faiblir, il y restait tout de même une chose qui lui permettait de lutter vaillamment. Le sort que Napoléon réservait à ses conquêtes. Jamais, non jamais, elle n’accepterait d’entrer au couvent. Il fallait donc qu’elle comprenne ce qui avait amené l’empereur à y jeter certaines de ses conquêtes. De manière, à ne pas les suivre…


« Sire, la pudeur sied à merveille à tout le monde, mais il faut savoir la vaincre sans pour autant jamais la perdre… Je suis de nature à ne pas me priver sauf pour d’imparables raisons… Ma pudeur n’en est pas une. »

La jeune femme avait dit ces mots avec amusement et assurance. Pour un peu, elle se serait crue plus à l’aise qu’elle ne l’était vraiment. Mais ce n’était pas plus le cas que devant la porte, si son visage ne le laissait transparaître son cœur ratait de temps à autre un battement. Ce qui était déjà trop révélateur à ses yeux.
Prenant place sur le fauteuil qui faisait face à l’empereur, Gabrielle sentit que ses jambes étaient soulagées de ce bref moment de repos. Les croisant pour se donner un peu plus de contenance, elle remarqua que l’empereur l’observait toujours, de son propre siège
.

« Je ne veux rien, merci. »

Même si elle n’aurait pas refusé siroter une boisson en sa compagnie, elle ne devait prendre aucun risque. Son esprit devait rester clair pour ne pas divulguer des informations qu’elle devait garder secrètes.Et puis, sans savoir comment allait se passer la suite des évènements, Gabrielle voulait garder un semblant de contrôle sur ce qui se passait.

Tandis que l’empereur faisait appel à Constant, tandis qu’il lui parlait à l’oreille, Gabrielle se contenta d’observer la pièce. Tout ici respirait la puissance et la richesse. Mais plus elle découvrait les détails qui constituaient cette pièce, plus la jeune femme remarquait que c’était la valeur de l’homme, du combattant, qui était représenté. Oui, si Napoléon Bonaparte était à présent empereur, il n’en était pas moins un homme de guerre, capable de mener de grande guerre… Et de cela, Gabrielle devait s’en souvenir si elle ne voulait pas être démasquée…

Et tandis qu’elle s’était perdue dans ses pensées, elle vit du coin de l’œil l’Aigle s’approcher. Tournant les yeux à sa rencontre, elle se rendit compte que Constant avait quitté la pièce, les laissant seuls. Il y avait d’ailleurs de fortes chances qu’il ne revienne plus ce soir et ce, quoi qu’il arrive. Après tout, s’il était affecté au service proche de Napoléon, ce ne devait pas être sans raison…
Suivant l’empereur des yeux, elle le vit s’asseoir sur le rebord du siège. Juste à côté d’elle. Ne bougeant pas d’un cil, elle ne laissa pas transparaitre son trouble, tandis qu’elle pouvait sentir son souffle chaud sur son épaule découverte.
Il ne fallut d’ailleurs pas longtemps pour qu’elle sente les doigts de l’empereur quitter le fauteuil pour descendre le long de son bras. En réaction à cette rencontre, un frisson la parcouru tandis que ses joues prirent une teinte rosées l’espace de quelques secondes.


- " Ma chère, vous n’êtes pas sans savoir l’effet que vous me faites et je crois même que c’est le résultat que vous souhaitiez. D'ailleurs, si vous êtes ici à cette heure tardive, c'est que vous savez très bien de quoi je veux parler. Je suggères donc qu’on s’y mette tout de suite. "

Baissant les yeux sur la main de l’empereur qui continuait son chemin sur son bras, elle sourit à ses paroles. Il n’était pas du genre patient et n’avait pas l’intention de prolonger leur entretient à cet endroit. Très bien, ce n’était pas ce qu’elle avait prévu, mais après tout, il faudrait bien qu’elle se jette un jour à l’eau. Elle n’était pas l’une de ses femmes qui charmaient un homme avant de lui tourner le dos. Non, elle avait assez joué, à présent, il était temps d’en assumer les conséquences… Sans perdre de vue, son devoir…

« C’est donc vrai ce que l’on dit… Que ce soit en campagne ou avec vos conquêtes, vous allez droit au but… Cependant, je dois vous prévenir… »

A ces mots, elle planta son regard devenu de braise dans l’océan bleu des eux de Napoléon. Un petit sourire mutin était apparut sur les lèvres de la jeune femme tendit qu’elle continuait d'une voix plus douce et suave.

« Plus aucune femme ne pourra vous satisfaire pleinement, après moi… »

Gabrielle, vantarde ? Non, ce n’était pas le but recherché. Orgueilleuse ? Sans doute, elle l’avait toujours été. Mais après tout, si elle avait été choisie parmi les autres femmes, ce ne pouvait pas être que grâce à sa beauté. Il existait e ce monde des femmes bien plus belle ou voluptueuse que sa personne. Mais savoir y faire avec un homme était un talent utile quand sa mission était de séduire l’empereur lui-même… Après tout, il ne s’agissait pas simplement de passer dans son lit et ensuite disparaître comme toutes les autres. Non, ce qu’elle devait parvenir à faire, c’était entrer dans son intimité et être assez attrayante pour y rester… occuper ses pensées pour l’empêcher de l’oublier et surtout, pour lui donner l’envie de la rappeler auprès de lui…
Elle sourit avec malice tandis qu’elle se rendait compte qu’elle avait dit cette phrase sur un ton neutre, un peu comme si elle énonçait là une vérité indéniable. Ne quittant pas les yeux de Napoléon, elle ne fit aucun mouvement. Tant qu’elle aurait cette position inférieure face à Napoléon, elle n’oserait pas le toucher…
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Tell me who you are...
Messages : 244
Date d'inscription : 27/04/2010

Feuille de personnage
Désirs: Ma jeune maîtresse sous moi....
Secrets: Je pense malheureusement à répudier de ma femme...
MessageSujet: Re: Une nuit seulement suffirait? Qui est assez sot pour croire à cela?   Mer 1 Déc - 16:45

    Napoléon fixait la jeune femme avec un air décidé. Il fallait être idiot ou empereur pour dire ce qui venait de sortir de sa bouche. Il n’arrivait plus à décider lequel il était devant ces lèvres roses et brillantes. Mais étonnamment, Gabrielle de Manseau ne fit pas sa couventine. Sa bouche formait un sourire espiègle.

    -Si je vais droit au but, mademoiselle, c’est que je n’ai guère de temps à perdre. Actuellement, je commence déjà à perdre la tête. Si vous me repoussez encore une seconde de plus, mon esprit roulera définitivement à vos pieds.

    Il s’avança vers elle comme hypnotisé, comme si elle était entourée d’un aura de lumière divine. Napoléon sentait son cœur battre plus vite; il manqua même un battement sous sa prétention. Il prit un instant pour respirer puis releva son regard vers elle.

    -Eh bien, mademoiselle, il ne reste qu’à espérer que vous acceptez de m’appartenir. Vous n’allez pas laisser votre empereur mourir à petit feu par votre faute, n’est-ce pas?

    L’Empereur était habitué aux petites vierges de couloir, celles aux grands yeux vides. Les filles d’officiers qui minaudaient, suppliaient Sa Majesté de leur appâts adolescents, remplissaient les galeries des Tuileries. Bien souvent, il tirait Constant par la manche, en choisissait une en la pointant du doigt et le soir venu, l’ingénue se retrouvait dans la chambre de l’Empereur ou elle suppliait maintenant de la laisser partir… Ce n’était pas un viol… C’était davantage une punition. Elles pleuraient, se lamentaient et le lendemain, elles se mariaient à leur galant avec une dot de princesse. Tous savaient cela aux Tuileries. Ces petites couventines n’étaient que des entrées pour l’Empereur. Le plat principal était l’une de ses maîtresses officielles, notamment la belle Éléonore, qui avait encore son regard de vierge. Mais en se retrouvant devant une femme aussi épanouie, aussi certaine de ses talents, Napoléon fut troublé. Était-ce du trouble ou plutôt de l’excitation? Étrangement, il ne lui passait même pas par la tête que Gabrielle de Manseau puisse mentir. S’il touchait au corps frais de cette jeune femme, perdrait-il le goût de toutes les autres? Et si oui, prendrait-il le risque? L’Empereur préférait-il atteindre la plus belle volupté une fois ou s’évaporer banalement dans le corps de tant d’autres demoiselles à volonté?

    Le sourire de Gabrielle lui fit prendre sa décision. Il s’approcha. Napoléon étendit son bras jusqu’au poignet de la jeune femme et la tira vers lui. À voir son visage si proche du sien, impossible de dire ce que pensait l’Empereur. Il était dévoré par l’envie de savoir ce qui se cachait derrière l’impassible figure de Gabrielle de Manseau. Cette fille n’était pas là pour la même raison que toutes les autres. C’était cela qui faisait craindre l’Empereur. Quelque chose en elle clochait. Elle était trop fière, trop hautaine… On aurait pu s’attendre de cela en public. Il y en a toujours quelques-unes qui veulent impressionner… Mais là… Napoléon entoura la taille de la jeune femme de ses bras et serra son torse contre sa poitrine. Elle était toujours la même. C’était cela qui faisait peur à l’Empereur. Ce n’était pas normal. Elle aurait eu le temps et la possibilité de fondre en larmes, de lancer quelques moues attendrissantes. Non. Tout en Gabrielle de Manseau inspirait le respect et la crainte. Devrait-il reculer? Oh! Et puis, merde! Il avait traversé des tempêtes pires que la couleur des yeux de la jeune femme.

    Brutalement, la main gauche de l’Empereur se glissa jusqu’à la cuisse de Gabrielle. Il n’hésita plus et tenta de trouver l’entrée pour arriver au trésor qui se cachait sous cette jupe. Soulevant Gabrielle du sol – ce n’était guère difficile, elle était si légère – il serra son corps sur le sien. Laissant un instant la peau attirante des jambes, les doigts intrigués de Napoléon se hissèrent sur le tissu, passant sur les courbes délicates de la jeune femme, avant d’atterrir sur son long cou. Il se mordit les lèvres un instant et décida d’y succomber. Oui, il devrait probablement se contenter de maigres repas dès que Gabrielle serait partie, mais il ne pouvait résister à elle. Ce qui traîna un moment dans sa tête le laissa troublé. L’image de Joséphine se superposa sur celle d’Éléonore. Non! Pas maintenant! Serrant Gabrielle contre lui, Napoléon posa ses mains sur les fesses rondes de sa conquête. Un sourire carnassier prit ses lèvres, alors que ses yeux bleus virèrent au noir sous son excitation. Il transporta la demoiselle jusqu’à son lit, ou il la déposa avec des soins qui ne lui étaient guère habituels. Grimpant au-dessus d’elle, à genoux à quelques décimètres de son corps, Napoléon sentit son sang prendre feu. Comment se faisait-il qu’il n’avait jamais ressenti pareille chose, pareille émotion? Était-elle une sorcière? Comment faisait-elle pour le rendre ainsi? Était-ce bien vrai que plus jamais il ne pourrait se satisfaire d’un autre? Malgré son souffle court, Napoléon n’était pas du genre à reculer! Avait-il reculé à Arcole, à Marengo, à Ulm, à Austerlitz? Il ne reculerait certainement pas devant une femme qui s’était rendue de plein gré jusqu’à sa chambre!

    Penchant son visage au-dessus du sien, il observa une seconde Gabrielle. Son visage était magnifique, les angles qui le constituaient faisaient ressortir l’allure féline qui l’avait séduite. Mais c’était ses yeux qui le passionnaient davantage. Ils étaient hypnotisants, ces charbons ardents! Il avança son visage du sien. Il avait envie de l’embrasser. Ses doigts parvirent de nouveau sur la soie des cuisses de Gabrielle, sa jupe étant remontée. Il n’osa pas un regard, trop préoccupé par sa sublime figure. De son autre main, il gravait la courbe de son cou dans ses doigts. Penchant son visage, il toucha finalement les lèvres de la jeune femme. Quelque chose qui ne lui ressemblait pas, quelque chose de doux, de tendre. Comme s’il était ému, comme si c’était son premier baiser.

    Mais à sa mémoire revient l’image souriante et calme de Joséphine. La seule femme qu’il avait réellement aimé de toute sa vie, celle qu’il considérait comme son étoile, sa chance. Puis celle d’Éléonore, douce et vierge, tout en étant taquine et mutine. Elle se sacrifiait pour être à ses côtés… Si il touchait Gabrielle, serait-il encore capable de revenir vers elle? Se redressant rapidement, Napoléon s’assit dans le lit. Ses mains, encore chaudes de la peau de Gabrielle, se placèrent contre ses tempes. Son souffle se calma, comme si l’éloignement de son amante provoquait un état placide chez lui. Non, cela n’était pas possible. Peut-être n’avait-il simplement pas le droit de la prendre ainsi. Elle s’offrait, oui, mais le voulait-elle vraiment? Un ricanement sardonique en demi-ton sortit des lèvres de Napoléon. C’était bien la première fois qu’il se posait une telle question. Comme si un Empereur se souciait de la volonté des femmes! Entre ses oreillers, Napoléon releva le regard vers la jeune femme. Ou était ces pensées qu’il disait avec tant de confiance, il n’y avait une heure à peine? Quelles étaient-elles déjà? Ah oui! L’Empereur se disait qu’une fois baisée, Gabrielle de Manseau perdrait tout intérêt à ces yeux. Avait-elle prévu cette pensée? Était-ce pour cette raison qu’elle prétendait qu’on ne pouvait se passer d’elle?

_________________


    Comment puis-je comprendre ce que je suis, alors que je suis la France?

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Tell me who you are...
Messages : 82
Date d'inscription : 14/08/2010
Age : 28
Localisation : Jamais très loin...

Feuille de personnage
Désirs: Réussir ma mission et mener une vie normale
Secrets: Entre les deux ennemis, mon coeur balance.
MessageSujet: Re: Une nuit seulement suffirait? Qui est assez sot pour croire à cela?   Jeu 2 Déc - 10:17

Avec un sourire, elle se mordit la lèvre inférieure. Si elle acceptait de lui appartenir ? Jamais ! Du moins, le pensait-elle. Elle refusait d’être l’objet sur lequel on inscrivait le nom de son propriétaire. Et jusque là personne n’était parvenu à baisser la forteresse qu’elle s’était forgé tout autour d’elle. Oh bien sûr, elle n’ignorait pas les règles de la bienséance, les comportements que la société attendait des femmes mais elle ne pouvait s’y résoudre… cependant, rien ne la forçait à répondre à la demande de l’empereur et rien non plus ne laissait entendre, qu’il en attende une. Aussi ne fit-elle aucun commentaire là-dessus.

« Jamais je ne laisserai votre peuple devenir orphelin, sir… »

Dans ses mots elle laissait sous-entendre qu’elle ne le laisserait pas mourir cependant, rien ne disait non plus qu’à ses yeux les français avaient besoin de lui pour ne pas être orphelin. Après tout, un roi pourrait aisément prendre sa place et rendre le peuple aussi heureux qu’en sa présence…
Tout à coup, Gabrielle sentit qu’il l’attirait à lui. Elle se laissa aller sans émettre la moindre remarque. Et quand le bras de Napoléon entoura sa taille fine, elle continua de sourire ne le quittant pas des yeux. Il y avait quelque chose chez lui qui lui arrachait toute volonté. Et si elle masquait à merveille ses sentiments par sa fierté, elle devait admettre que pour la bonne évolution de sa mission, il valait mieux qu’elle ne reste pas trop longtemps ou trop souvent en sa seule compagnie.

Résistant à l’envie de laisser les mains partir à l’exploration du corps de Napoléon, elle garda la seule attitude qui lui venait spontanément et qui lui permettait de garder l’esprit clair. Et tandis qu’il explorait ses courbes, elle laissa son corps aller contre le sien profitant de sa force physique avec délice. Oui, il y avait chez lui quelque chose de rassurant et d’aimable, mais surtout de dangereux pour une femme qui jouait un double jeu…
Après tout, Napoléon était bien loin d’être bête et dans son regard, Gabrielle pouvait y voir briller une lueur qui laissait entendre qu’il ne serait pas dupe facilement. Qu’il ne la jugerait pas à ses performances mais bien à son attitude… Gabrielle devait être infiniment prudente et ne jamais baisser ses gardes…

Tandis que Napoléon la serrait un peu plus contre lui, Gabrielle lui passa les bras autour du cou afin de garder l’équilibre. Au même moment, l’empereur la souleva pour l’amener à son lit ; profitant que ses bras étaient autour de son cou, elle raffermit sa prise et posa la tête contre son torse pour respirer son parfum. Mais ce contact fut de courte durée car très vite il la déposa avec douceur sur le grand lit. Immédiatement, elle plongea son regard dans le sien et tandis qu’il rapprochait son visage du sien, elle posa le bout de ses doigts sur sa joue et les laissa glisser en une douce caresse. Enfin, lorsqu’il l’embrassa elle ferma les yeux, ensorcelée par la soudaine douceur dont il faisait preuve avec elle.

On lui avait parlé d’un homme brutal qui prenait ce qu’il désirait et ce qu’importent les sentiments de la jeune femme. Il avait été dépeint comme un guerrier qui menait ses campagnes qu’elles soient sur le terrain ou sous les draps, jamais il ne quittait son statut de conquérant. Tout naturellement, elle s’était attendue à ce qu’il la traite de la même manière, comme une femme à prendre pour son propre plaisir. Mais étrangement il était très doux, presque comme un jeune époux lors de sa nuit de noce. C’est donc avec une plus grande surprise alors qu’elle ouvrit les yeux en sentant qu’il s’éloignait d’elle pour s’asseoir un peu plus loin.

Gabrielle resta un instant pantoise. Elle était couchée sur le lit, offerte de tout son être à l’homme qui l’y avait placée et il lui tournait désespérément le dos. Quelle pouvait être la raison de ce brusque revirement ? Il est vrai qu’elle n’avait pas joué le rôle d’une concubine frétillante ni d’une jeune vierge effarouchée, mais jamais elle n’aurait imaginé que ce petit jeu était directement relié à la vigueur de l’empereur…
Avec un léger soupir, elle se redressa, hésitant entre se rhabiller pour quitter la chambre ou encore prendre les choses en mains. Après tout, elle n’avait pas fait tout ces efforts pour en rester là mais si elle s’y prenait mal, elle risquait de perdre tous ce qu’elle avait réussit à mettre en place.
Se redressant sur un coude, elle prit le temps de le regarder et son apparente fragilité la toucha bien plus profondément qu’elle ne l’aurait crut. Cet homme respecté pour son courage et sa force semblait tout à coup incapable de s’imposer. Etouffant le plus possible les sentiments qui l’assaillait, Gabrielle ferma les yeux. Elle ne devait pas se perdre maintenant…

S’humidifiant les lèvres du bout de la langue, la jeune femme inspira profondément tandis qu’elle prenait sa décision. Elle ne partirait pas comme ça, elle n’en avait pas envie.
Se redressant, avec lenteur, elle entreprit de remettre ses jupons en un semblant de décence. S’asseyant à son tour, elle se plaça dans le dos de l’empereur, puis se plaçant juste à quelques centimètres de son corps, elle lui susurra au creux de l’oreille de sa voix chaude et sensuelle :


« Sir, vous semblez si tendu… Je vais vous aider à vous détendre… »

Puis avec une extrême douceur, elle posa les mains sur le haut des épaules de Napoléon et les massa. Ses mains expertes glissèrent le long de ses épaules, caressant le dos, glissant ses doigts avec douceurs le long de ses muscles bien dessinés. Sans s’arrêter elle entreprit de glisser les mains sous la chemise large de l’empereur pour masser en contact direct avec la peau de son dos. Elle l’aurait bien enlevée elle-même sans plus de cérémonie, mais elle sentait bien qu’elle ne devait pas aller trop vite au risque qu’il se braque… Au contact de sa peau chaude, Gabrielle le désira réellement, elle eut une irrésistible envie de lui arracher la chemise pour prendre possession de chaque parcelle de son torse. Était-ce le parfum de sa peau ou de ses cheveux qui la faisait voyager dans un monde où le soleil était omniprésent, où le vent était chargé d’embrun marin ?
Sachant très bien que son souffle chaud devait chatouiller la nuque de Napoléon, elle se rapprocha de lui tout en laissant ses gestes en suspend. Elle voulait qu’il sente à quel point elle était proche de lui, que sans devoir la toucher il devine son corps…

Elle resta un moment dans cette position avant de retirer ses mains à contrecœur. Elle aurait put rester comme ça toute la nuit, mais elle n’était pas là pour ça. Se reprenant, elle se pencha pour poser ses lèvres dans le creux du cou de l’empereur. Elle y déposa un baiser doux et léger avant de se retirer pour quitter le lit. Pourtant, avant de le quitter tout à fait, elle se ravisa et vint se placer juste en face de son amant. Après une seconde d’hésitation elle lui prit la main et la posa sur sa poitrine. Elle voulait qu’il puisse sentir son cœur battre la chamade à son contact, elle voulait qu’il sente la chaleur qui montait en elle et sa respiration qui se faisait plus rapide et saccadée sous sa main. Elle-même ne comprenait pas ces sensations mais il était indéniable que c’était l’empereur lui-même qui la mettait dans cet état. Jusque là, le seul homme à avoir provoqué cela était Charles de Berry, le seul homme qu’elle ne pourrait jamais aimer autrement qu’en secret. Elle devrait tirer ses sentiments au clair pour ces deux hommes, mais elle le ferait plus tard, quand elle aurait le temps de comprendre ce qui lui arrivait.
Relâchant la main de Napoléon, elle planta son regard dans le sien, elle ne dirait rien quant à ce qu’elle venait d’admettre par ce simple geste. Cet aveu lui semblait déjà être trop clair, trop intime mais son acte avait été spontané. Aussi, s’il n’avait pas compris ce qu’elle lui avait laissé entrevoir et bien il se passerait de l’info. Jamais elle ne dirait tout haut ce qui était en train de prendre forme dans son esprit.

Elle se rapprocha avec lenteur et avec une infinie douceur, elle l’embrassa. Elle ne pouvait pas toujours attendre que ce geste vienne de lui, surtout s’ils devaient partager une nuit qui promettait d’être embrasée. Mais pour lui faire sentir qu’elle n’était pas qu’une fragile petite poupée, elle se recula en lui mordillant la lèvre inférieure. Elle ne respectait probablement aucune règles mais elle n’en avait que faire, elle avait laissé entrevoir à l’empereur bien des facettes de sa personnalité, à présent c’était à lui de voir ce qu’il comptait faire…


« Je vous ai dit que je ne vous laisserai pas mourir à petit feu… Je suis une femme de parole, cependant je ne sais si c’est ce que vous désirez vraiment… »

Elle se recula tout en remettant son corset droit pour reprendre un peu de contenance tandis qu’elle attendait une réaction de Napoléon…
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Tell me who you are...
Messages : 244
Date d'inscription : 27/04/2010

Feuille de personnage
Désirs: Ma jeune maîtresse sous moi....
Secrets: Je pense malheureusement à répudier de ma femme...
MessageSujet: Re: Une nuit seulement suffirait? Qui est assez sot pour croire à cela?   Mer 19 Jan - 8:09

    Napoléon entendit Gabrielle soupirer derrière lui. Il avait l’impression de l’avoir amèrement déçu. Il trouvait étrange que l’envie ne lui manque que cette nuit, alors qu’il avait enfin cette demoiselle dans son lit. Il lui était impossible de ne pas se sentir coupable en cet instant. Le pire avait été fait. Elle était venue, elle n’avait pas pleuré, elle avait même participé aux caresses qu’il lui avait fait. Pourquoi bloquait-il maintenant? Ce n’était pas dans ses habitudes. Mais étrangement - et c’était bien la première fois - la déception d’une femme lui causait une culpabilité. Il était toujours inconfortable face à leur tristesse, mais à cet instant, l’Empereur se sentait mal, coupable, comme s’il venait de commettre un crime et qu’il en éprouvait maintenant les regrets.

    Cette impression s’accentua lorsque Gabrielle se colla contre son dos et lui chuchota des mots rassurants à l’oreille, avec une sensualité telle qu’il en frissonna. Il l’avait regardé ajuster sa tenue. Il l’avait vu s’éloigner de lui et il n’avait rien fait pour la retenir. Cela l’étonnait lui-même. Fort heureusement, Gabrielle resta près de lui. Elle se mit à le masser délicatement, puis ses longs doigts s’insinuèrent sous sa chemise, contre sa peau. Napoléon ferma les yeux pour se délecter du contact de cette main contre son torse. Sa tête se laissa tomber, son menton contre sa poitrine. Il se sentait idiot de son impossibilité face à la jeune déesse dans son lit. Mais il ne pouvait rien y faire. Les mouvements que les mains de la jeune femme se faisaient plus insistants, tout en étant plus légers, comme si elle s’éloignait davantage.

    Effectivement, contre la volonté de l’Empereur, Gabrielle quitta son dos. Une délicieuse effluve d’agrumes caressa le nez romain de Napoléon avant qu’elle apparaisse devant ses yeux comme une déesse. Il la fixait, mais il ne pouvait dire avec certitude qu’il la voyait. Il savait qu’elle était là, mais pouvait-il vraiment être certain qu’elle ne pleurait pas, qu’elle ne souriait pas ? Comme étranger à son propre corps, Napoléon sentit sa main s’élever dans la sienne. Même le fait qu’elle pose ses doigts contre sa poitrine, contre son sein, il ne bougea que la tête. Habituellement, bien moins que cela suffisait à lui mettre le feu aux sens. Un pied dénudé, une odeur, une mèche de cheveux hors d’une coiffure…Il ne pouvait pas dire que Gabrielle l’indifférait, surtout pas ! Mais elle lui semblait presque déjà comme un souvenir en ce moment. Il sentait son cœur battre sous sa paume. Cela émut l’Empereur. Son regard sortit d’une ambiance lointaine et floue pour regarder réellement le visage de Gabrielle de Manseau. Elle lâcha sa main et le planta son regard dans le sien.

    Napoléon sentit un frisson lui traverser l’échine. Était-ce à cause de la manière que Gabrielle le regardait ? Il ne savait quoi faire. Il sentait qu’entre eux deux à ce moment, il y avait eu quelque chose. Rien de précis, rien que Napoléon pouvait identifier, mais il lui semblait qu’à partir de maintenant, tout serait différent. C’était Gabrielle qui comptait… Et seulement elle. Qu’il serait attaché à elle pour toujours. Malheureusement, l’âme de Napoléon était celle d’un guerrier et non celle d’un poète. La voir partir comme ça ne le rendit pas triste, mais colérique. Se raidissant rapidement, il saisit la main de Gabrielle et la tira vers lui violemment. Le jeune corps se cabra sous la brusquerie de cet assaut. Mais l’Empereur ne se sentait plus d’humeur à jouer. Son visage avait pris la teinte d’ivoire des jours sombres, ses yeux se métamorphosaient pour ceux d’un aigle alors que les traits de sa figure se figèrent. La seule chose qui bougeait dans ce visage de César était les narines ouvertes, qui palpitaient, comme celles d’un tigre à l’approche de sa proie.

    Sans préambule, il lança Gabrielle sur le lit et se laissa tomber sur elle. Le lit de parade peut habitué à ce poids craqua. Le matelas s’enfonça sous leurs corps, alors que Napoléon prit violemment la bouche de sa jeune amante, ses mains emprisonnant son visage. Toute hésitation avait fui l’Empereur. Il était maintenant sur une monture devant une forteresse à envahir. Rapidement, Napoléon sentit qu’il était plus que temps. Sa victime n’opposerait certainement aucune résistance ; elle l’avait bien cherché, d’ailleurs. Libérant le visage de Gabrielle, il retira à la hâte sa chemise, pestant contre les boutons qui retardaient sa course. Il n’aurait pu dire pourquoi il était si pressé. Il était toujours rapide, oui, mais de là à passer de la plus profonde inactivité à cet état de folie, il y avait tout un monde. À peine, l’Empereur prit le temps de baisser ses pantalons et de laisser voir la lumière à une partie de son corps qui avait été trop longtemps dans l’ombre. Napoléon glissa ses hanches entre les cuisses de Gabrielle, dénudée par sa robe. Se relevant à demi, il caressa cette peau ferme au grain serré dont se dégageait une odeur folle.

    Sans plus attendre, sans attendre un assentiment de la part de la demoiselle, il se positionna puis mis ses mains sur les hanches de son amante pour se glisser en elle. La chaleur et la pression qui l’entourèrent firent automatiquement soupirer l’Empereur de délectation. Après tant de temps… Enfin !… Gabrielle de Manseau était à lui !

_________________


    Comment puis-je comprendre ce que je suis, alors que je suis la France?

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé
Tell me who you are...
MessageSujet: Re: Une nuit seulement suffirait? Qui est assez sot pour croire à cela?   

Revenir en haut Aller en bas
Page 1 sur 1

Le Bal de l'Empire :: Tuileries, faste impérial :: Appartements impériaux  :: Appartements de l'Empereur-