Puisqu'il faut bien que correspondance se tienne. (Marie-Thérèse)

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MessageSujet: Puisqu'il faut bien que correspondance se tienne. (Marie-Thérèse)   Mer 6 Oct - 12:46


Marie-Thérèse & Charles


"C'est toujours l'impatience de gagner qui fait perdre. "
- Louis XIV

On dit que chaque personne a un destin, que le Seigneur a un plan pour chacun de nous.

Le duc savait que ce pour quoi il était venu au monde ne se préparait que lentement. Son rôle était de rendre la France à Dieu, aux souverains, aux vrais monarques qui régnaient de droit Divin et dont la légitimité était totale. Cet imposteur qui s'était couronné lui-même, bafouant, en retirant la couronne des mains du Pape, l'autorité suprême du Créateur, cet ogre devait disparaître. Il salissait la France, versait le sang de ses hommes et de ses enfants pour glorifier son imposture, vidait les coffres de sa mégalomanie et pire, s'encombrait du prétexte révolutionnaire afin d'adoucir les esprits lettrés. En réalité, Napoléon avait tout simplement profité de la révolution pour devenir roi à la place des Rois. Mais un roi de sang sale, ni bleu, ni pur, ni royal. Et le duc ne mourrait pas sans avoir vu cet empire s'effondrer sur la tête de son instigateur. Dieu l'en était témoin.

C'était pourquoi, chaque jour qui passait depuis leur retour d'exil, Charles s'évertuait à mettre en pratique les idées de son père, à réfléchir à un plan de renversement et surtout, surtout, à écrire des dizaines de lettres.

L'on ne se fait pas d'amis sans entretenir une correspondance. Et Charles avait, contre toute attente, beaucoup d'amis... Toutefois, peu d'entre eux étaient à Paris, ce qui rendait sa tâche d'écriture extrêmement lourde. Néanmoins, le jeune duc retirait de cette activité quotidienne un certain plaisir; bien qu'il préférât lire ses missives qu'en écrire les réponses, se tenir au courant de la vie de ses connaissances lui était agréable.

Malheureusement, en cette période cruciale où le plan de révolte intérieure était en branle, chaque tâche lui était plus difficile à accomplir et toute sa vie ne tournait qu'autour de la politique. Gabrielle était sous l'aile de l'Aigle aux Tuileries et le plan, sur lequel ils avaient ardemment travaillé, était maintenant entre les mains de cette douce et délicate jeune femme. À l'apparition du visage de Gabrielle dans son esprit, le coeur de Charles fit un bond de trop. Comme il pouvait l'aimer! Le duc était pris d'une attirance irrésistible pour cette femme superbe, intelligente, douce, drôle, fonceuse... Dieu qu'il la voulait! Et il l'avait précipitée dans les bras de son pire ennemi.

Assis au petit bureau de la bibliothèque, sur lequel il avait l'habitude de rédiger sa correspondance, Charles serra les poings en chiffonnant une feuille au passage. Son visage se durcit et il tenta de reprendre son calme, alors que les images de Gabrielle sous les draps de Napoléon l'assaillaient sans qu'il ne puisse les bloquer.

- Seigneur... Donnez-moi la force de résister...

Le duc avait murmuré, la mâchoire serrée. Il avait toujours été un homme très possessif et surtout jaloux, mais pas d'une jalousie violente ou dangereuse. Une jalousie insécure, une jalousie triste. Il savait qu'il n'avait pas le pouvoir d'empêcher une femme d'aller vers un autre. Mais cette situation le rendait malade. Et plus que tout, cette fois, il se sentait coupable car c'était lui qui avait précipité la femme qu'il aimait dans les bras d'un autre... Et quel autre!

Mais comment aurait-il pu savoir ?

Alors qu'il serrait sa tête entre ses mains, on frappa à la porte. Le duc se reprit immédiatement. Quel lâche faisait-il! L'amour était bien le pire ennemi de l'homme.
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MessageSujet: Re: Puisqu'il faut bien que correspondance se tienne. (Marie-Thérèse)   Sam 9 Oct - 13:09

Marie-Thérèse avait passé la plus grande une grande partie de la matinée à jouer du Clavecin. L’instrument avait été placé à sa demande dans ses appartements de l’hôtel. Dans ce monde ou il lui était presqu’impossible de sortir dans les rues, à cause de son titre, elle avait du trouver des moyens pour se divertir. La musique comme divertissement s’était imposée d’elle-même. En effet, la jeune femme maitrisait parfaitement l’instrument et chacune de ses mélodies étaient un charme à entendre.

Le soleil allait bientôt atteindre le zénith dans le ciel, elle avait vu son beau-frère, le duc de Berry, se diriger vers la bibliothèque au matin. Marie-Thérèse savait qu’il devait corresponde avec beaucoup de leurs alliés et parfois il pouvait passer la journée entière dans le même bureau de la bibliothèque. Elle veillerait à ce qu’il mange quelque chose pour le diner. Avant de descendre aller chercher quelque chose, elle passa à se rafraichir devant son miroir. Marie-Thérèse replaça quelques mèches rebelles qui étaient sorties de son haut chignon. Elle resserra les cordes de son corset et replaça les plis de sa robe turquoise.

Une fois prête, elle passa aux cuisines. Elle prit quelques croutons de pain, du beurre et quelques fromages. Elle ajouta de l’eau bouillante dans la théière qui était sur la table, ajouta ensuite quelques sachet de thé et plaça deux tasses sur son cabaret. Une fois tout en place, elle monta à la bibliothèque.

L’endroit était calme et presque désert. Elle se dirigea vers le bureau ou son Beau-frère avait l’habitude de s’installer pour écrire. Elle frappa du mieux qu’elle pu à la porte et poussa la porte. Charles était évidemment assis derrière sont bureau, l’air contrariée. Marie-Thérèse s’approcha et déposa son plateau en face de son beau-frère et versa la thé dans les deux tasses, elle en tendit une a Charles, en lui faisant un sourir.

-Vous travaillez trop sur cette correspondance mon cher Charles, vous en oublier de vous alimentez.

Marie-Thérèse savait toute l’importance que Charles accordait à leur place sur le trône de France et elle lui en était reconnaissante mais il passait effectivement beaucoup de temps à arranger tout ca.

-Vous m’avez l’air contrarié Duc?!

Marie-Thérèse prit place sur le fauteuil en face du bureau de Charles et attendit une réponse de sa part.
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MessageSujet: Re: Puisqu'il faut bien que correspondance se tienne. (Marie-Thérèse)   Lun 11 Oct - 8:55

Charles avait vite tâché de se redonner bonne mine en entendant frapper à la porte de la bibliothèque. Il savait qu'en tant que leader du mouvement royaliste, il ne devait pas montrer aux autres qu'il manquait parfois d'espoir car l'espoir, c'était justement tout ce qui leur restait.

Marie-Thérèse entra dans la pièce, avec un plateau chargé d'une théière, de deux tasses et d'un goûter. Charles se félicita de ne pas s'être laissé aller au désespoir car sa belle-soeur, la douce et fragile fille de feux Louis XVI et Marie-Antoinette, n'avait franchement pas besoin d'un peu plus de tristesse. Elle s'approcha de lui et il lui sourit avec affection. Les deux s'entendaient à merveille. Marie-Thérèse était la femme de son frère et entretenait une bonne relation avec le comte d'Artois, le père de Charles, avec qui lui-même était très proche. On aurait pu croire, à certains moments, que la jeune femme était plus intime avec son beau-père et son beau-frère qu'avec son propre mari... mais leurs relations restaient strictement affectueuses, et jamais l'un comme l'autre n'aurait pu avoir d'autres intentions envers la fille de l'audacieuse Marie-Antoinette. Charles l'aimait comme sa soeur.

- Vous travaillez trop sur cette correspondance mon cher Charles, vous en oubliez de vous alimenter.

Le duc lui sourit de plus belle. Marie-Thérèse était en quelque sorte la maman de la petite cour, elle tenait à ce que tout le monde mange à sa faim, dorme suffisamment et puisse avoir tout ce dont il avait besoin. Sans elle, il était certain que Charles aurait effectivement négligé de s'alimenter. Toutefois, l'odeur du thé et la vue des fromages lui donnèrent l'eau à la bouche. Il termina la lettre qu'il avait commencé à rédiger, la scella dans une enveloppe et déposa tout son arsenal.

- Merci Madame Royale, sans vous il est certain que j'aurais toujours faim!

Sans plus attendre, il déchira un morceau de pain et commença à manger. Puis, sa belle soeur ajouta une remarque qui le fit s'inquiéter. Elle avait remarqué chez lui un air contrarié... Devait-il s'ouvrir à elle et lui raconter ce qui le tracassait? Du moins... une partie seulement? Ce serait peut-être plus facile que de lui mentir.

- Très chère... Il m'est difficile de savoir Gabrielle entre les mains de l'ogre corse.

Il faillit lui dévoiler la véritable raison de son inquiétude, mais se tut.

- Car cette mission est très délicate et j'ai constamment peur qu'elle n'échoue ou ne se fasse prendre... Ce serait terrible, après tout ce que nous avons fait pour que ça fonctionne.

Il fit une pause, releva son regard bleu vers la jeune femme, et lui offrit un sourire triste.

- J'aimerais tant vous rendre le trône et la couronne de France...

Bien entendu, Charles savait que jamais Marie-Thérèse ne pourrait régner sur la France, puisqu'elle était une femme. Néanmoins, son mari, Louis-Antoine, était le troisième prétendant à la couronne et si les projets des royalistes se réalisaient, il n'était guère à parier qu'il serait un jour roi et que Marie-Thérèse serait reine à son tour, comme l'avait été sa bien-aimée mère avant elle. Et il souhaitait plus que tout rendre ce titre à qui le méritaient vraiment. Marie-Thérèse avait tant souffert de cette répugnante révolution.

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MessageSujet: Re: Puisqu'il faut bien que correspondance se tienne. (Marie-Thérèse)   Ven 22 Oct - 9:53

Marie-Thérèse prit sa tasse et prit une petite gorgé de son thé, en se méfiant de la température du liquide. Une fois que le duc commença à manger, elle en fit de même en écoutant les inquiétudes de son beau-frère.

- Très chère... Il m'est difficile de savoir Gabrielle entre les mains de l'ogre corse.

Marie-Thérèse baissa la tête, regardant sa tasse. Il était certain qu’il devait être très difficile de voir la personne qu’on aime dans les bras d’un autre. Elle s’imaginait mal voir son cher monsieur Perrin avec une autre femme… peut importe de qui il s’agissait. Ne voulant pas aller plus loin dans ses pensées, Marie-Thérèse releva la tête, et posa ses yeux dans ceux du Duc, qui venait de recommencer à parler.

-Car cette mission est très délicate et j'ai constamment peur qu'elle n'échoue ou ne se fasse prendre... Ce serait terrible, après tout ce que nous avons fait pour que ça fonctionne.

-Oui en effet, il serait terrible que ca véritable identité soit découverte. Elle a une tache très difficile a accomplir.

Marie-Thérèse prit une pause et reprit.

-Heureusement, notre chère Gabrielle est forte et courageuse. Elle a un bon caractère. Il serait quand même bien d’envoyer un autre espion a la cours afin qu’elle soit moins seule dans sa tâche…

La jeune femme pouvait voir dans les yeux du Duc toute l’inquiétude qui le rongeait. Elle ne savait pas vraiment quoi rajouter pour mettre un baume sur ses tracas. Elle le laissa donc continuer. Devant ces dernières paroles, Marie-Thérèse baissa la tête en souriant. Le duc de Berry voulait tellement la rendre heureuse, en fait, tout le monde ici s’acharnait à rendre la couronne à la famille et la jeune femme était touchée par leur action.

-Je suis bien consciente de tous les efforts que vous mettez dans notre projet et je vous en suis entièrement reconnaissante. J’apprécie tout ce que vous faite pour moi.

Cette conversation ramenait dans la mémoire de Marie-Thérèse des images d’elle lorsqu’elle était enfant et lorsqu’elle vivait aux tuileries. Elle souhaitait tant y remettre les pieds en tant qu’elle-même. D’entendre l’écho des pas sur le marbre du grand hall. Malheureusement, tous ces souvenirs étaient bien loin.

-Je rêve du jour ou nous pourrons retourner à Versailles Charles. Mais je dois vous avouer aussi que je m’inquiète pour vous, mon oncle et mon mari. Vous mettez votre vie en danger et votre santé en jeu. Promettez moi d’être prudent Charles, je ne suis pas prête à vivre d’autres pertes.

Sur ce, Marie-Thérèse se resservit un peu de thé et replaça ses jupons.

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MessageSujet: Re: Puisqu'il faut bien que correspondance se tienne. (Marie-Thérèse)   

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